GATINAICTICUT FESTIVAL – 07/06/2025
INTRODUCTION
Grâce à une petite chronique publiée début juin ici même, j’ai pu réaliser un rêve de gosse en discutant avec les membres de SCD pendant le GATINAICTICUT, de loin mon festival hexagonal fétiche. Je remercie chaleureusement tout le groupe pour cette entrevue d’une heure qu’ils m’ont très généreusement accordée et surtout pour ce super moment passé en leur compagnie.
INTERVIEW
Pour commencer, je pense qu’il serait intéressant de revenir sur les origines du groupe parce que j’ai fait pas mal de recherches mais ça reste assez flou de ce que j’ai trouvé. Du coup, Seb, on sait que tu as été contacté par le guitariste du SCD d’origine pour faire le logo et que de fil en aiguille tu en es devenu le chanteur. Qui était ce fameux guitariste ? Est-il devenu connu dans la scène ?
Seb : C’est Bruno, nous étions amis depuis de nombreuses années. Il était guitariste, de mon côté j’étais plus du style à slamer dans le public et je n’avais pas du tout l’ambition de faire de la musique. Il avait déjà plusieurs groupes avec Yov, le batteur, notamment ANTAEUS. Il m’avait demandé de chanter, de mon côté je trouvais que slamer m’allait déjà bien puis il m’a proposé de faire le logo. Comme je faisais déjà des dessins, pas de problème, ça s’est fait et puisqu’ils ont continué à me tanner pour chanter j’ai accepté d’essayer et c’est comme ça que ça a commencé, j’ai fait ma première répète avec eux quelques mois après la création du groupe.
Et comment savaient-ils que tu avais ces compétences de graphiste ? Tu avais déjà bossé pour d’autres groupes ?
Seb : Je n’étais pas graphiste en tant que tel, je dessinais et ils le savaient. J’ai fait le logo d’ANTAEUS aussi mais je ne sais plus si je l’ai fait avant ou après, ça s’est fait plutôt naturellement.
Vos albums ont tous été publiés chez des labels différents : Bones Brigade, Osmose, Bizarre Leprous, Animate et dernièrement SelfmadeGod. Est-ce que c’est dû à une volonté de liberté artistique totale ou d’autres raisons ?
Seb : Bones Brigade on les avait rencontrés avant de démarrer le groupe. Il y avait très peu d’évènements Grindcore en France à l’époque et on allait beaucoup en Belgique. Comme la scène commençait à émerger on s’est vite tous connus. Quand le groupe s’est formé ils ont tout de suite été intéressés et c’est comme ça qu’on a signé avec eux.
Osmose avait déjà signé ANTAEUS, Yov jouait dans ARKHON INFAUSTUS qui était aussi chez eux, c’est comme ça qu’on a travaillé avec eux. À cette période on a fait une tournée aux États-Unis, le line-up a changé, Yov est resté dans SUBLIME et Bruno est resté avec ANTAEUS.
On s’est alors demandé où irait le groupe musicalement et dans toute cette évolution on est allés vers Bizarre Leprous qui est un label Tchèque, là-bas la scène se développait beaucoup, on était aussi en contact avec l’Obscene Extreme et on s’est dit pourquoi pas.
Animate Records c’était un peu par hasard aussi, ils étaient aussi dans nos contacts. J’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient, ils sont plutôt spécialisés dans les vinyles, ils pressent beaucoup, même pour les gros labels. La démarche est très qualitative sur les produits qui sont le plus aboutis possible. On est aussi passés par Relapse dans la même logique.
Pour le dernier projet on s’est mis à la place des fans. Quand tu achètes des produits en Asie, aux États-Unis ou autres, les frais de port et les taxes douanières c’est devenu abominable. Quand on a terminé l’album on s’est posé la question de faire toute la production au même endroit ou plutôt se séparer par région. Pour l’Europe, avec la libre circulation on pouvait avoir directement le produit sur place et à moindre frais pour les fans, ensuite Amérique du Nord, du Sud et Asie. Pour l’Asie s’est aussi posée la question de la Chine où les frais d’importation sont très élevés. Sur le continent on est en contact avec Brutal Mind qui a donc sorti le CD, ils avaient repressé des t-shirts des premiers albums et on avait apprécié leur travail. On a donc décidé de faire comme ça même si ce n’était pas forcément gagné dés le début parce que les labels devaient accepter de jouer le jeu et finalement de se partager la fabrication et la distribution. C’était aussi une question d’impact environnemental. Au final on a réussi à faire comme ça mais on n’était pas surs de réussir au départ.
Cest une démarche bien réfléchie et je suppose, aussi, une manière de garder le contrôle sur vos produits.
Seb : On voulait garder le contrôle, notamment sur les licences des t-shirts, mais aussi pour avoir la facilité dans chaque région d’approvisionner ce dont on a besoin, par nous-mêmes, sans avoir à passer par des intermédiaires. En trente ans d’existence on a fini par tout savoir faire : graphismes, enregistrements, notamment avec Duff qui est aussi ingé son sur le dernier album. Contrairement à il y a trente ans on sait donner des produits finis, prêts à être pressés. On a aussi bien réfléchi selon chaque région. C’est sûr qu’être sur des gros labels peut être valorisant mais tu peux aussi devenir un gros groupe sur un plus petit label. Dans la scène les labels spécialisés tradent beaucoup entre eux. Pour la visibilité ça peut être plus intéressant d’avoir plusieurs petits labels qui distribuent dans leurs propres réseaux. Pour les t-shirts c’est pareil, ça a beaucoup évolué, avant c’était du « screen printing », pour imprimer tu séparais par couleur donc tu étais obligé d’en faire en quantité et d’avoir des stocks. Aujourd’hui, comme on le propose chez Season of Mist, tu peux le faire en « print on demand », ils ont leurs machines en Europe et aux États-Unis qui leur permettent d’imprimer sur place. Tu leurs prépare les fichiers et ils peuvent directement produire. Ce qui est bien c’est que tu n’as pas de limites par rapport aux couleurs, tu peux produire des petites quantités. C’est un peu plus cher mais tu n’as aucun stock. Encore une fois, au niveau environnemental ça demande notamment moins d’eau pour la fabrication. De ton côté tu n’as pas d’invendus et pour le label c’est une souplesse en plus, ils n’engagent pas d’argent qu’ils pourraient perdre. Season assure donc cette production pour l’Europe et l’Amérique du Nord. En Indonésie Brutal Mind sont très bien. En Chine Zhenswardrobe sont de très bonne qualité aussi.
Si je ne me trompe pas, les lyrics sont apparues avec Inventory Of Fixtures en 2007. Quel a été le déclencheur ? Est-ce que l’arrivée de Duff dans le groupe en 2006 a eu une influence sur ce choix ?
Seb : C’était vraiment après la tournée américaine et donc quand il y a eu le premier changement de line-up qu’on s’est dit que c’était l’occasion d’essayer d’autres choses. On a notamment parcouru des influences un peu plus Crust musicalement. Au niveau des textes, sur les premiers albums je revendiquais clairement de ne pas en faire, je trouvais que ça collait davantage à la brutalité du concept de base. En tant qu’auditeur je trouvais que dans ce que j’écoutais les textes apportaient une dimension supplémentaire et je me suis dit que j’allais essayer.
Inventory s’inspirait des textes de Crust ou de groupes comme NAPALM DEATH, etc. Cela s’éloignait thématiquement de ce qu’on faisait avant, on a donc adapté les graphismes aussi. Sur tous les albums qui ont suivi il y a eu des évolutions mais je pense que c’est sur Raping Angels In Hell qu’on est revenus à la source, aux ambiances Porno / Gore des premiers albums avec les textes en plus, cela reprenait tout ce qu’on avait fait dans les projets d’avant pour le faire aboutir à une synthèse de ce qui nous correspondait finalement le plus. C’est le premier qui, à mon sens, même au niveau des textes, commençait à être maîtrisé. On pouvait trouver des morceaux qui se rapprochaient d’Inventory, mais aussi des morceaux purement Extrême de ce qu’on trouve sur Voodoo Messiah. C’est à ce moment que je me suis dit que ce que je préfère personnellement, même à retranscrire en concert, c’est le côté porno, gore, extrême, satanique. Le dernier album est dans cette continuité, sûrement dans une version encore plus aboutie.
Question de synthèse (beaucoup trop longue mais quand on aime on ne compte pas) :
Sur Inventory Of Fixtures, les paroles traitent principalement de thématiques sociales, écologiques, de guerre et de géopolitique, c’est un peu un état des lieux désespéré des horreurs de notre monde.
Dans Sheep’n’Guns les morceaux traitent les mêmes sujets et creusent à mon sens un peu plus le point de vue de l’individu, les victimes, les criminels, le pouvoir de l’argent, l’aliénation et on commence à voir apparaître des aspects nouveaux, notamment le côté mystique.
Pour Raping Angels In Hell on sent un virage décisif dans les thèmes et aussi au niveau du visuel. Les morceaux sont plus longs, ça parle du corps, de la mort, du côté médical et religieux qui l’entourent, mais aussi de batailles, de royaumes, d’anges et de démons.
Votre dernier album creuse à fond le côté mystique, mythologique, le sexe, la dépravation, il consiste en une visite guidée de l’Enfer et raconte des batailles épiques, des rituels sordides ou encore le mode de vie d’un tueur en série.
Pouvez-vous me parler de cette évolution ?
Seb : Déjà c’est hyper intéressant d’avoir des interviews où le sujet est aussi creusé que ça donc merci. La chronique aussi c’était quelque chose et on n’en a pas forcément l’habitude.
Je dirais que Raping Angels In Hell a donné la maturité à beaucoup de choses et le dernier a permis d’aller plus loin. Il y avait quelque chose quand on a démarré avec l’album d’ATROCITY : Hallucinations (1990). Je trouvais que c’était très fort cette continuité dans les textes tout au long du disque. Pour le dernier album je voulais beaucoup plus développer le côté satanique, porno, gore et je trouvais que c’était un beau challenge de construire une histoire cohérente mais ça me semblait compliqué. J’avais déjà des visuels, des tableaux, mais je n’étais pas certain de parvenir à tout mettre en forme comme je le voyais. Au fur et à mesure que les compos prennent forme tu as une vision qui se développe sur la place des morceaux dans l’album. Pour écrire je pars souvent des quelques mots, assez peu, qui sont amenés par le rythme de la compo, son ambiance, je fais des listes de sujets, d’idées qui me serviront pour la suite.
Par exemple, lors de l’écriture d’un morceau j’ai vu quelque chose sur les « spintriae », des pièces utilisées dans les bordels pendant la Rome antique. Il était considéré que payer dans ces lieux avec une pièces sur laquelle figurait la tête de l’empereur n’était pas très classe, donc mal vu. On payait alors avec des pièces qui étaient fournies à l’entrée des bordels : une face avec une position sexuelle et une face avec un nombre, ce nombre pouvant être rattaché à une valeur ou bien le numéro de la chambre, on ne sait pas exactement. Quand tu fais des recherches tu peux voir énormément de faces différentes pour ces jetons. Quand je tombe sur un truc pareil je sais que je vais m’en servir. C’est le bon exemple du genre de sujet qui peut être utilisé de plein de façons différentes. Si j’étais NAPALM DEATH, de l’argent utilisé pour la prostitution j’aurai pu l’utiliser pour dénoncer le mercantilisme.
Ce que je trouve intéressant dans l’écriture c’est de pouvoir créer des images parlantes en quelques mots, des petits tableaux. Des mots porteurs de sens à ce point permettent de déclencher quelque chose.
Pour le coup je trouve que tu as fait beaucoup plus que des petits tableaux, c’était carrément des triptyques à la Jérôme Bosch !
Seb : Quand tu vois le roman Le Moine, tu lis déjà des choses horribles et difficiles alors qu’on est au XVIIIème siècle. Si j’avais vécu à cette époque j’aurai proposé quelque chose avec une pochette de Bosch et des textes dans ce style là. Tout cela te donne un univers, des référence et finalement te permet de t’inscrire dans quelque chose de plus grand. Tu lis les textes des autres groupes, tu observes les artworks, les codes sont bien définis et dans tout ça, par exemple par la traduction, tu vas peut-être tordre une phrase ou une idée dans l’autre sens et en faire quelque chose.
Pour ce projet j’ai écrit des idées sur un carnet qui fait à peu près 150 pages sur lequel j’ai posé plein de phrases, de sujets et de thèmes, je me suis ensuite posé sur les compositions pour tout mettre en forme, surtout me coller aux ambiances et faire les placements.
Les placements peuvent modifier la sonorité d’un riff donc j’essaie beaucoup de choses différentes. J’essaie presque de façon exhaustive de trouver tous les types placements possibles sur chaque riff. Ensuite il s’agit de trouver les textes qui colleraient le plus à l’ambiance du morceau, j’en arrive ensuite à sélectionner une dizaine de pages par morceau puis j’assemble le tout. Comme pour produire du parfum, c’est tout un ensemble de procédés. Une fois que j’ai tout organisé, fait mon tri et que j’ai ce qui ressemble à un petit film, ensuite je dois organiser la continuité de l’histoire ce qui peut m’amener à changer complètement le sens de ce que je voulais raconter au départ.
Parlons maintenant de ce nouvel opus : The Macabre Voodoo Messiah Of Masochism And Fetishism dans son aspect musical. Je voudrais d’abord me tourner vers Duff pour connaître le processus de composition d’un album pareil. Depuis quand est-ce que tu composes pour le groupe et est-ce que la recette a évolué avec le temps ?
Duff : J’ai commencé à composer pour SUBLIME sur Sheep’N’Guns, j’avais écrit deux morceaux que j’avais arrangés avec Guillaume qui était le gratteux de l’époque. Pour ce nouvel album, quand je suis revenu dans le groupe en 2021, on a fait quelques shows, quelques festivals et on s’est attelés à la composition. Pendant le Covid j’avais eu le temps de faire beaucoup de morceaux, notamment du Brutal. J’ai un studio chez moi donc j’avais déjà enregistré de la musique depuis de nombreuses années, j’ai mixé deux skeuds pendant la pandémie et j’ai aussi eu le temps de composer. Je trouvais que pour le nouveau projet j’avais déjà des compos qui collaient. Seb avait déjà de la matière aussi donc on a commencé à enregistrer des voix et créer des maquettes à envoyer aux gars.
Pour l’écriture, depuis mon arrivée en 2006 je connais beaucoup de petits trucs que Guillaume faisait instinctivement dans sa composition que je trouvais super bien. Même si ça ne s’entend pas forcément dans le mix, étant notamment un gros fan de SUFFOCATION, j’ai commencé à vouloir introduire des éléments nouveaux, changer des choses. Même si on porte un héritage, si tu regardes toutes les périodes, ne serait-ce que dans le riffing, il y a tout le temps des évolutions dans la méthode de compo.
On a beaucoup bossé avec Thomas qui a enregistré toutes les guitares, j’ai fait les basses de mon côté. Mat est un batteur totalement différent de tous ceux qui ont joué dans le groupe, son jeu est plus Brutal Death, donc on a composé avec tout ça. Je suis assez frileux sur les compos tant que je n’ai pas les voix, je sais que ça me plaît mais il ne faut pas que ça me plaise qu’à moi. Tout ce qui a été composé a été validé assez rapidement et facilement mais je trouve que c’est à 80% différent de tout ce qui a été fait avant.
On a enregistré les batteries en août 2024 et on a terminé les voix à l’automne. Mat me disait comment il allait poser ses batteries et à chaque enregistrement ça rendait bien même si on a fait bouger quelques trucs, ce qui est finalement tout l’intérêt de travailler ensemble. On répète très peu notamment parce que Mat habite dans le nord mais on se fait confiance et ça fonctionne très bien comme ça. En tous cas tout le process de compo ne se fait pas forcément en prenant en compte l’héritage du groupe et c’est aussi ça que je trouve cool.
Seb : L’avantage d’avoir Duff qui a son studio et qui fait l’enregistrement c’est qu’il m’envoie les compos et que j’enregistre mes voix au fur et à mesure. Les premiers morceaux ont été faits en 2022, j’ai commencé à écrire les textes après notre show au Motocultor, j’ai terminé les textes en août 2023 et on avait les morceaux fin 2023. En 2024 ont été enregistrées les guitares, basses et batteries puis on a commencé à contacter les labels fin 2024.
Thomas, tu es arrivé dans le groupe en 2021 et tu as composé trois morceaux de l’album. Déjà bravo, quelle classe ! Tu as un Alex Webster dans ton groupe et tu arrives à pondre des morceaux du même niveau. Tu joues pour pas mal de groupes de Black Metal en plus, comment tu gères la compo de ton côté ?
Thomas : À la base je viens plus du Death et du Tech Death en réalité. Je me suis baladé un petit peu partout dans le Black, le Hard et aussi le Thrash puis je me suis retrouvé dans le Grind un petit peu par hasard, c’est un ami commun qui m’a dit que SUBLIME recherchait un guitariste.
Au niveau de la compo je n’ai pas exactement ce touché Grind, j’ai plus ce côté Death/Black. Duff nous a fait une série, il a envoyé pas mal de morceaux comme ça, à la suite, à peu près un morceau tous les deux ou trois jours. On avait commencé à composer mon premier morceau en répète, c’est quelque chose que je ne fais vraiment pas souvent. Les deux autres morceaux je le ai composés chez moi, tranquille à la maison. Je me mets peut-être un peu la pression par rapport à ce fameux touché Grind mais finalement avec le temps je me suis mis en confiance.
Les riffs que je trouve les plus tubesques sur l’album et que Duff a posé c’est finalement des riffs simples mais efficaces. Il a vraiment ce truc et je ne l’ai pas de la même manière. On ne le ressent pas forcément parce que c’est moi qui ait posé les guitares et donc il y a forcément ma patte, mais pour moi ça sonne différent.
Après pour le processus d’écriture ça me vient un peu naturellement, comme tout le monde dans le groupe je suis autodidacte, je suis aussi têtu et bosseur. En tous cas ça a vraiment été un grand plaisir de composer pour ce projet, d’apporter ma pierre à l’édifice, de record le truc et puis l’ambiance générale qui s’en est dégagée.
Le morceau 13 que tu as composé se distingue pas mal dans sa structure, son ambiance et c’est vraiment une très belle conclusion pour un tel projet.
Seb : Dés que j’ai reçu la démo de ce morceau j’ai su qu’il serait le dernier de l’album. Après le parcours de Dante et les Enfers, j’ai voulu souligner le fait que même dans notre réalité, on n’est jamais vraiment contents de notre sort. Et donc même dans la mort, si on doit passer par le purgatoire, on ne va pas se contenter d’être là, on va essayer de prendre le pouvoir à ceux qui nous l’imposent. Ces démons, leurs ordres et leurs commandements ce sont les mêmes que dans une société normale et on se doit de se rebiffer.
Finalement c’est comme dans un film, on suit l’évolution d’un personnage qui subit une situation et que va se révolter pour reprendre le pouvoir.
Donc une fois qu’on a repris le pouvoir sur le ciel et que les âmes se sont rebiffées, elles vont vouloir rester ce qu’elles sont, continuer à martyriser les anges, exercer leurs activités de serial killer. Les démons gardent leurs mauvais côtés, ce morceau permet donc de conclure l’histoire et finalement d’ouvrir la suite. En tous cas j’ai su qu’on terminerait sur ce morceau dés que j’ai entendu le riff. Les deux derniers morceaux marquent un point de rupture, après la descente aux Enfers il fallait une remontée et une conclusion en apothéose.
Vous avez sorti la plus grosse production Grind de l’année, aucun doute là dessus, et peut-être même de la décennie. Vous devez être fiers de ce projet, vous m’en voulez si je fous le bordel ce soir pour l’honorer ?
Seb : Non pas du tout, c’est même avec plaisir !
D’ici là, on se revoit en Normandie au mois de novembre !
BONUS : QUESTIONS À LA CON
Vous faites quoi comme boulot dans la vie ?
Seb : Je suis architecte à la base, donc maître d’œuvre, maître d’ouvrage par la suite. J’ai fait des trucs très différents, notamment six ans en milieu hospitalier où j’étais directeur des travaux sur l’Institut Curie. J’ai aussi travaillé sur des établissements pénitentiaires, des universités, des écoles d’art, des laboratoires pour l’Institut Pasteur, avec la SNCF on travaille à rendre les gares accessibles aux personnes à mobilité réduite notamment.
Thomas : Je suis professeur de guitare, de batterie et de basse.
Duff : Je travaille dans la musique.
Comment vont Yov et Bruno ?
Seb : Après la tournée américaine Yov était resté dans le groupe mais l’a quitté quelques mois plus tard. Il était passionné d’images de synthèses et de jeux vidéos, il a eu des opportunités dans le cinéma où il continue aujourd’hui sa carrière. Il travaillait pas mal en Asie, maintenant en France, il fait de la réal.et pas mal de conférences donc il va très bien et c’est aussi le cas de Bruno.
S/M dans la vraie vie ou pas ?
Unanime : Pas du tout.
Quel est votre film d’horreur préféré ?
Seb : Henri, portrait d’un sérial killer et son côté brut, presque reportage.
Thomas : Je ne saurai pas mettre un doigt sur lequel, précisément, je préfère mais dans les films récents pour le coup j’ai beaucoup aimé The Substance.
Duff : C’est plus un film gore mais Braindead. Feu d’artifice gore et drôle.
CONCLUSION
Ils ont beau produire la musique la plus violente qu’il soit, les gars de SUBLIME sont adorables, humbles, ouverts et super réceptifs. C’est un immense honneur de voir son petit travail sur une chronique passionnée reconnu et apprécié, j’espère qu’il en sera de même pour cette interview. Mat a dû s’absenter en cours d’entrevue et c’est dommage parce que j’avais aussi des petites questions (pleines de compliments non dissimulés) pour lui mais il nous a quand même fait sa meilleure tête sur les petites photos bucoliques qui accompagnent ce texte.
Merci mille fois les gars, vivement vous revoir et vous entendre.
ENJOY THE HOLY GOKKUN







