Puisque Ben n’a pas pu être des nôtres le vendredi 6 septembre dernier, à l’occasion de la septième édition du PamFM, celui-ci m’a demandé, en premier lieu, à moi, Vivien de PFM, de rédiger le report de cette date, ma foi, bien chaude (autant la musique que la température).
Je profite de ce préambule pour être honnête avec celles et ceux qui vont me lire.
De base, je n’étais pas très chaud à écrire cet article.
Je me suis dit que, éthiquement parlant, ce n’était pas sain d’écrire son ressenti d’un concert qu’on a soi-même organisé.
Malgré tout, Ben a su me convaincre. Quand on regarde autour de nous, on a vu pire comme conflits d’intérêts. Toutefois, j’essaierai de faire la part des choses.
Sans parler d’objectivité, il règne une différence entre l’organisateur et le simple aficionado de musique là pour kiffer les différentes sonorités proposées lors de cette soirée faites pour tous les goûts.
C’est donc après une pause estivale que PAM et PFM se sont retrouvées entre les gouttes de pluie et les rayons de soleil pour proposer à son public une date plutôt éclectique avec la présence du punk-hardcore de Mal Aux Yeux (Béthune), du metal alternatif des jeunots de Rush On Mars (Douai), mais surtout de l’OVNI musical qu’est Baasta, maintenant dans un monde fluorescent et accompagné d’un ghettoblaster nommé Georges.
Est-il le ghettoblaster le plus classe du monde, d’ailleurs ?
Mal Aux Yeux

Alors que la salle Marcel Roger se remplissait tranquillement, mais sûrement, les béthunois de Mal Aux Yeux ont blastés la paire de baffles avec un punk hardcore rugeux. Chanté en français, d’ailleurs.
Un set court, mais terriblement intense. Certes, ça déménage, on en prend plein la gueule, mais la guitare et la basse savent user de mélodie, tandis que la voix et la présence de Youri sont là pour assurer le spectacle.
Une prestation à saluer sachant que Mal Aux Yeux a remplacé au pied levé le grunge-prog de Tinysaurus.
Un grand écart stylistique, soit. Néanmoins, pour un groupe n’ayant pas joué un concert depuis six mois, on peut se dire qu’ils ont carrément assuré. On pense aussi à Alex à la gratte et Victor à la batterie.
À noter, par ailleurs, un changement à la basse, avec la venue d’Éric de Billsnatch.
Si on ne le savait pas, on y verrait que du feu tant le bassiste semble se fondre dans le style de ses comparses certainement plus rude que celui pratiqué par Billsnatch.
Rush On Mars

La scène du PamFM est faite pour cela : donner sa chance à des groupes de jeunes tels que les douaisiens de Rush On Mars, qui pratiquent un metal alternatif teinté de nombreuses inspirations.
Quarante-cinq minutes pour montrer ce qu’ils valent en jouant leur excellent EP, déjà sorti en février 2023, et assurément de nouvelles compos.
On se laisse séduire par les notes de trompettes jouées en intro par Nathan, le chanteur et première guitare, avant de déblayer tout sur leur passage. Un metal alternatif tant par sa brutalité que pour sa mélodie, chacun détient un sacré répertoire dans ses cordes vocales ou bien dans ses paluches.
Rush On Mars, c’est des p’tits jeunes avec de la fougue et ça fait plaisir à voir (bon, je dis ça alors que je suis plus jeune qu’eux).
Cette furie se ressent jusqu’en dans le public et ça rajoute un petit quelque chose en plus à leur performance.
On espère qu’on aura prochainement de nouveaux sorties car Rush On Mars, c’est un projet qui tient fort la route.
BAASTA

Ils étaient attendus comme les loups blancs : FX, Yo ainsi que Georges le Ghettoblaster nous ont targué de leur présence sur les pratos du PFM et c’était vachement cool.
Il y avait autant de monde dedans que dehors… Baasta sur Arras, ça devient dorénavant rare.
EFFIXE n’a plus sa gratte, mais cela semble lui délester d’un poids car ça lui permet, désormais, de laisser exprimer son corps sur scène.
Cela ajoute vraiment quelque chose de mystique au son pratiqué par les deux loustics.
Pendant ce temps là, ch’Yo assure comme une bête à la basse.
Le duo le confessait dans les colonnes de La Voix du Nord, ils auraient dû y penser dès le début de BAASTA, mais cela reste intéressant de comparer leur son avec ou sans le ghettoblaster ainsi qu’avec et sans la gratte.
Un set qui leur a permis de dévoiler leur troisième album, Crash, tout en prenant un malin plaisir à remixer les morceaux plus anciens via le ghettoblaster. On pense aussi
à toi, Georges.
C’était énergique, c’était politique, c’était aussi en sang et or.
Conclusion
D’un point de vue d’aficionado ainsi que d’organisateur, ce fut une excellente soirée.
Là où les PamFM sont souvent par thème, c’est aussi plaisant de pencher vers l’éclectisme.
Déjà, il y en a pour tous les goûts, et cela permet aussi de faire rencontrer des groupes qui n’ont pas l’habitude de se voir, voire partager une affiche pour la première fois. J’éviterai de citer le monologue d’un scribe qui se questionne sur sa situation, mais la vie, c’est tout d’abord des rencontres.
Un mélange de générations qui s’est aussi ressenti dans la foule de curieux.
Je ne sais pas comment conclure cet article sans faire ma propre propagande, mais si vous aimez la bonne zik, que vous désirez soutenir la scène locale sans vous faire allumer à la buvette ni à l’entrée (car c’est gratos, nous y tenons), venez donc au PamFM.
En plus, les horaires sont souples (pour des raisons diverses et variées que je ne développerai pas publiquement).
Ça vous permet de finir la soirée au bar par la suite, ou chez vous, c’est tout aussi bien.
Faites attention tout de même avec l’alcool.
Merci à BAASTA, Rush On Mars et à Mal Aux Yeux de leur présence sur les pratos du PamFM, aussi solides soient-ils. C’était très, très cool.
J’emprunterai la catchphrase à PAM, mais plus que jamais : “Soutenez votre scène locale !”.
Bisous et câlins.




2 réponses à “PamFM #7 : Dans la chaleur arrageoise”
Bravo pour cette chronique ! Pas facile d’être juge et partie, mais exercice réussi avec brio (big soûl ?!🤣)
Presque déçu de n’avoir pas pu être présent !
Bref longue vie à PAM, PFM et vive la scène locale !
Merci pour ton message Ive, venant de toi et de ton parcours c’est un véritable honneur 🙂 au plaisir de te voir nous rejoindre dans cette aventure, derrière ton objectif et ta plume 🙂