Entrevue de Xavier, président de l’Association REIVAX (Arsenal Rock Festival)
Au sortir de mon interview avec Darcy (La tournée du Coeur, le 19/11/24 à la Manufacture de Saint Quentin), la sympathique Virginie (citée précédemment dans ladite interview) me présente une bande de potes derrière le bar. Affairés à réparer les croques et brancher la bière, ils m’orientent vers leur « boss » Xavier. Exercice d’improvisation pour une interview détendue, au coin du bar…
Bonjour, peux tu te présenter?
On est une association de Beautor, à 25 km d’ici. Je suis Xavier Swartvagher, président de REIVAX Tour. On s’est créé pendant le covid. On a fait la première édition de l’Arsenal Rock en 2019, organisée par le club de foot local dont j’étais le président [créé en juin 2006, l’Arsenal Club regroupe les communes d’Achery, Beautor et Charmes]. Voilà pour la petite histoire.
Cette 1ère édition était super bien. Il y avait Guerrilla Poubelle, Les Sales Majestés, Diego Pallavas… C’était une superbe édition sur une journée. Mais c’était très lourd, pour un club de football, de continuer tout ça.
Financièrement?
Le risque était lourd. Ça s’est bien passé. Mais si on perd de l’argent, tu te dis que tu peux mettre tout un club de foot en difficulté. Du coup, j’ai créé une association à côté qui s’appelle REIVAX Tour. Puis on a repris avec l’Arsenal Rock #2, qui a été reporté en 2020 et 2021. En 2022, on a eu notre deuxième édition seulement.
Avez-vous besoin de main d’œuvre, de bénévoles?
Non, on arrive à une cinquantaine (de bénévoles) sur l’Arsenal. On a assez de monde. On s’en sort plutôt bien. Ils (les bénévoles) sont super volontaires, ils veulent faire plein de trucs… Et comme j’ai des idées aussi, un peu trop des fois, on a fait plusieurs manifestations. On n’a pas fait que l’Arsenal pour faire vivre l’association. Mais ce n’est même pas pour faire rentrer de la thune, c’était vraiment des idées de projets. On a fait 2 concerts hommage à Nirvana, un ici (la Manufacture) et un au Forum à Chauny, avec tous les gens de l’asso qui ont joué. Techniquement, c’était monstrueux: trois heures de show. On a eu de la chance, le port du masque venait de s’arrêter une semaine avant. Ça s’est tellement bien passé qu’on s’est dit: on va faire quelques petits concerts. Par exemple, celui qu’on organise le 30 novembre [Osiris, Rappel, Motor Tim]. On a fait un partenariat avec la Manufacture pour organiser 2-3 dates.
On a fait en octobre dernier, à Tergnier, le concert Elles Rock [Skating Polly, Alice Animal et Melissmell]. C’est un concert de rock féminin en soutien à Octobre Rose.
Notre lien avec la Manufacture vient du directeur artistique, Cédric Barré, qu’on connaît personnellement. On lui a proposé notre association. On s’est dit: on se rencontre, on discute, et puis on verra. Ça s’est passé vraiment comme ça, un petit message, une rencontre. Et l’ équipe de la Manufacture nous a repris pour cette année. Ils nous ont proposé de « faire » quelques bars dans l’année. Ce soir, on annonce 500 personnes [Ravage Club, Darcy, Tagada Jones]. Ça marche super bien.
On (l’asso) est donc assez jeunes… La première fois qu’on est venus ici, on s’est dit que c’était super bien (la salle, les artistes). On s’entend bien avec l’équipe, avec Laurent (Varlet) on se sent vraiment bien. Ça bosse bien.
Cette salle me fait penser un peu au Black Lab de Wasquehal. Les salles de moins de 1000 places semblent tendance?
Oui. Ici, ils ont eu du mal à démarrer avec le covid. Il faut faire connaître la salle, la prog… Mais là, tu vois, ils font des salles quasi combles. C’est cool. Avec plein de styles très différents, c’est ambitieux.
Et nous, on est dans dans cette musicalité très rock, punk. On ne va pas s’éparpiller. Varier les styles de musiques, ils (Manufacture) le font très bien. Tu vois, du rap, du reggae, c’est un peu plus loin de notre domaine. Autant que ce soit fait par des gens qui sont passionnés par ce qu’ils font.
Revenons à l’Arsenal Rock. Où en est le festival, au milieu d’une période pas forcément prolifique en terme de taux de remplissage?
Cette année, on a fait moins d’entrées que les deux années précédentes. Mais c’est assez global pour 2024. Nous, on avait changé nos dates parce qu’il y avait le Zikenstock [Le Cateau’s not dead] qui tombait en même temps que nous. Il y a d’autres festoches aussi… Mais on arrive quand même à la cinquième édition.
Dans la région, on essaie de faire des petits concerts décentralisés. Par exemple, dans un bar à Tergnier (Le Petit Troquet). On les aide à faire la prog, il y a tous les styles. Ce sont des concerts gratuits. Il y a quelques groupes qui passent à l’Arsenal, qui y sont programmés.
On fait donc de la promo sur chacune de nos manifs, dans l’année. On met des affiches. Mais on bosse aussi beaucoup avec les réseaux sociaux. On ne peut pas se permettre de ne pas être présent un peu partout. On est en réflexion permanente.
On a 4 événements distincts et forts. On a l’Arsenal Rock Festival. On fait le festival Punk-Off qui se passe ici (Manufacture) le 29 mars avec une belle affiche. Le Elles Rock et la soirée Tribute.
J’ai l’impression que vous avez comblé un manque en matière de festival dans cette partie de la région?
Il y a le festival des Vers Solidaires. Festival engagé depuis 15 ans, leur nom veut tout dire. Mais le covid les a plombé. Du coup ils ne sont plus à Saint Gobain mais à Coucy le Château. C’est à côté. Il font un truc beaucoup plus restreint que ce qu’ils faisaient. Mais ils attirent toujours du monde. Effectivement, il y avait peut-être une place quand même pour nous, en extérieur.
Il y avait aussi le Rock’N à Chauny, en salle, où il y avait de grosses pointures américaines. Mais c’est terminé.
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S’il n’y a pas d’aide des collectivités, c’est dur. On a un problème ici, dans l’Aisne. Le département est en déficit et ça se ressent dans les financements. Ça nous a mis en difficulté cette année déjà. L’année prochaine, on est obligé de revoir le budget.
Les gens dépensent moins pour aller en concert…
Oui, entre le prix de l’essence et le prix des places… Quand tu organises, tu ne peux plus faire les bières à 2 balles, sinon tu perds de l’argent. C’est malheureux. On faisait ça au début. Ça marchait. Mais aujourd’hui, ce n’est juste plus possible. Ce n’est pas un souci de ne pas gagner de l’argent, mais quand tu en perds…



