À l’occasion de leur « Slamming French Brutality Tour » en collaboration avec le groupe DEVOUR THE FETUS, les gars de CRYOGENICAL EXCISION de passage au Mans dans le bar ‘Le Blue Zinc’ ont eu la gentillesse de m’accorder une interview en tout début de soirée.
Venus défendre leur premier album « Cryogenic Crowd Control » sorti au début du mois, j’avais préparé quelques questions et une fois la formation réunie il n’y avait plus qu’à lancer l’enregistrement.
Avant de vous en faire la retranscription, je tenais à les remercier du fond du cœur d’être venus au complet et d’avoir répondu à mes questions avec bienveillance et précision. C’est la première fois que je me lance dans l’exercice, j’ai eu le plaisir d’avoir en face de moi de gars chaleureux et humbles, avec de l’humour en plus de ça.
J’ai fait quelques digressions inutiles, ce qui coupait l’élan de certaines prises de paroles, je n’ai pas distribué les questions assez équitablement donc c’est d’autant plus sympathique de la part de tous les membres d’avoir été indulgents et respectueux.
Trêve de bavardages. Le groupe est composé d’Adrien à la basse, d’Anthony et Félix qui se partagent le chant, de Mehdi aux fûts et de Parpy à la gratte.
Je vous ai découverts il y a deux ans au ‘Lézard Bar’, ici même au Mans, avec THE LUMP, un groupe rennais comme vous (excepté Mehdi qui jouait ce soir à domicile). Quels sont vos liens avec eux et plus largement avec la scène bretonne, notamment INSEMINATE DEGENERACY ?
Félix : Nous faisons partie d’une association de métal bretonne depuis quinze ans, la ‘METAL CORPORATION’ et avons tous des side projects. On bosse tous en réseau, tout le monde se connaît dans l’asso et CRYOGENICAL est composé de membres faisant tous partie d’autres formations. INSEMINATE n’existe plus mais j’en faisais partie à l’époque, on avait été produits par ‘Rotten Music’. CRYOGENICAL était davantage un projet parallèle qui est devenu un projet principal. Par rapport à THE LUMP, Parpy en est justement le guitariste.
Parpy : Guitariste de THE LUMP où jouent deux de mes petits frères : Antoine à la batterie et Simon qui est au chant.
Félix : Simon qui joue aussi dans NERVOUS DECAY où Adrien, notre bassiste, joue aussi. On est donc tout un réseau de Death Metal dans le grand ouest.
Ma première question était sûrement un peu bateau (c’est peut-être pour ça que je l’aie oubliée) : comment définissez vous la différence entre le Brutal Death et le Slam Brutal Death ?
Félix : Le Slam a une rythmique qui est massive, lente et puissante, alors que le Brutal Death a un tempo beaucoup plus accéléré et agressif.
Mehdi : Tu lui as filé les question avant ?
Adrien : Dans le Slam il y a le groove aussi.
Félix : Par moments on trouve aussi des influences Hardcore, donc c’est quelque chose qui respire et qui est assez massif. Le Brutal c’est plutôt une agressivité au niveau du tempo.
Mehdi : On a essayé de mixer le tout. Pour moi on fait du Brutal Death auquel on a apporté un côté Slamming.
Qu’est-ce que ça vous a fait de signer chez ‘Rotten Music’ ?
Anthony : Un vrai plaisir, le label est réputé pour avoir des choses très intéressantes à présenter et le fait que Félix ait déjà travaillé avec eux était un plus.
Est-ce que ta présence dans le groupe a joué ?
Félix : Je ne pense pas directement. On leur a envoyé un mail et ils n’ont pas cherché à savoir si nous faisions partie d’autres groupes.
Mehdi : On a présenté la musique, on a enregistré les pré-morceaux, pré-démos, pré-prods et ils sont venus vers nous.
‘Rotten Music’ qui est un label indépendant ?
Félix : Oui, c’est un label indépendant qui a produit des groupes comme DIPHENYLCHLOROARSINE, CRANIAL BLOWOUT et pas mal de groupes des États-Unis.
Après votre concert précédent il y a deux ans j’avais pris votre EP (« Micro Surgery » – 2020) et je l’ai pas mal écouté depuis. Je trouve la différence de son avec votre album assez marquée, vous aviez ce côté machine de guerre qu’on entend beaucoup et c’est devenu beaucoup plus naturel. Qu’est-ce qui explique ce choix ?
Anthony : C’est une volonté, clairement.
Mehdi : On voulait un véritable son micro avec du mixage mais sans trop d’effets.
Félix : Une vraie acoustique, une vraie batterie et pas une batterie qui sonne ordinateur comme beaucoup de productions aujourd’hui. Notre premier EP était bien mais parfois un peu trop sur-produit, on préférait retourner à quelque chose de plus réel.
Mehdi : Les guitares et basses ont aussi été enregistrées en prise micro.
Félix : Les morceaux ont été mixés et masterisés par un de nos amis rennais, ils ont ensuite été envoyés en Pologne et travaillés par …
Adrien : Michał Grzybowski.
Félix : Voilà, celui qui bosse notamment avec Vader, et qui a gardé ce côté très organique, très naturel tout en rajoutant quand-même de la puissance.
Dans son interview pour Radio Alpa, Mehdi a évoqué la différence entre vos deux voix. Si j’ai bien compris, Anthony ton timbre serait plus grave et lourd et Félix aurait un chant plus aigu et incisif, pouvez-vous m’en dire plus ?
Félix : On a deux techniques de chant différentes.
Anthony : Le chant a beaucoup évolué. Félix était un peu plus aigu mais il fait maintenant des voix un peu plus graves aussi, je me suis donc adapté et je fais plus d’aigus qu’avant et au final ça marche carrément bien. Lui expire et j’inspire, c’est la principale différence et c’est ce qui fait un bon mariage des deux chants.
Anthony, c’est toujours toi qui fait l’intégralité des compositions ?
Anthony : Non, c’était le cas sur l’EP mais tout le monde a participé pour l’album.
Mehdi : Pour rendre certains passages plus massifs on peut réécrire des riffs, changer des batteries, refaire les arrangements. On se pose de notre côté, on réécrit des structures sur ordinateur pour que tout soit carré et on s’envoie le tout.
Ma dernière question s’adresse à chacun de vous, pourriez vous me citer un groupe qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Mehdi : Alors, je suis vieux, je te dirais SUFFOCATION, album « Despise The Sun ».
Adrien : Là comme ça, ça ne me vient pas. Il y a tellement d’influences dans tous les sens que ce n’est pas possible de choisir.
Anthony : Je ne pourrai pas non-plus répondre, j’écoute beaucoup de Brutal mais aussi du Technique donc je ne peux pas te répondre comme ça mais ça reste la musique extrême en tous cas.
Parpy : Le groupe qui m’a poussé à écouter du Death et en faire à la guitare rythmique c’est SEPULTURA, ère Cavalera.
GD : Tu as dû apprécier les ré-enregistrements sortis récemment.
Parpy : Mon frère et moi avons appris la guitare, mon autre frère a appris la batterie à l’époque chez mes parents, qui sont adorables d’ailleurs, on a commencé parce-qu’on a écouté du Sepultura et on s’est dit : « on veut faire ça ». Max n’avait que 4 ou 5 cordes parce-qu’il ne faisait pas de solo et j’ai commencé comme ça, le premier morceau qu’on a fait avec mon frère était « Troops Of Doom ». Quand on a réécouté ce qu’ils ont enregistré on était aux anges, et quand on les a vus dernièrement et qu’ils ont joué le morceau on s’est regardés et on a fait « AH OUAIS ! ».
Félix : Ce qui m’a donné envie de faire ce projet particulièrement c’est le groupe américain VISCERAL DISGORGE, je suis un gros fan depuis la première heure. Et bien sûr le groupe WAKING THE CADAVER avec le chanteur Donald Campan qui est une pépite au niveau du chant et une influence sur le chant en inspiration (inhale).
Cela se pratique avec le ventre ou la gorge ?
Félix : C’est plutôt au niveau du palais, il y a aussi un pliage de la langue dans le style de WHITE CHAPEL qui travaille aussi comme ça.
Question bonus, comment s’entraîner pour arriver à un gutt pareil ?
Félix : J’ai commencé en faisant des essais et en observant ce que je pouvais faire avec ma bouche pour obtenir certains sons. Quand ça a commencé à donner quelque chose je suis passé de 30 minutes dans la semaine à 2-3 heures pour préparer l’album. Sur la fin c’était même tous les jours dés que je pouvais dans la journée pour préparer au mieux l’enregistrement. Des exercices réguliers, trouver des sonorités, des placements et les travailler.
Anthony : C’est un travail qui prend des années, tu trouves une tonalité qui t’intéresse, tu la travailles et elle évolue. On travaille aussi sur le fait d’avoir chacun nos voix, on a environ trois voix différentes chacun.
Sur album je trouve plus compliqué qu’en live de bien se rendre compte du passe-passe et de vos différences vocales, on vous parle souvent de cet aspect ?
Félix : J’ai un côté un peu plus hardcore par moment très WAKING THE CADAVER et Antho a un côté un peu plus DISGORGE, CEPHALOTRIPSY.
Parpy : Plusieurs personnes dans le public nous ont dit que c’était sympa le côté complémentaire du chant et les deux voix qui se répondent.
CONCLUSION
Et on ne peut qu’être d’accord avec eux. C’est donc ainsi que ce conclut cette entrevue bien sympathique, après coup on se dit toujours qu’on aurait pu poser d’autres questions ou creuser certains points mais on en sait déjà beaucoup plus sur ce groupe : leur entourage, leur musique, leur technique et leurs influences. CRYOGENICAL nous a plus tard dans la soirée gratifié d’un concert dantesque, survolté et le son du Blue Zinc était extrêmement costaud. Cette soirée mérite de toutes façons un live report.
Le groupe conclura cette tournée automnale avec deux concerts à venir, le premier ce samedi 26 octobre non loin de Rennes au ‘Samaïn Festival’ et le second pour Halloween au bar ‘Le Salem’ près de Bordeaux. Souhaitons leur le meilleur pour la suite, je pose tous les liens du groupe en dessous et je m’en vais passer l’hiver à faire blaster « Cryogenic Crowd Control » dans la bagnole !
LIENS :
Contact : metalcorporation@live.fr
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