MØSI : Points de Vue et Vertiges

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MØSI est un groupe armoricain assez difficile à catégoriser, tant leur musique et leurs intentions sont authentiques. Marien, à la guitare et au chant, et son frère Melen, sont en route pour leur tournée d’automne jusqu’en Allemagne, et pour l’occasion, font un petit crochet par Arras. Retour sur leur parcours remarquable.

MØSI est avant-tout une affaire de famille. Comment vous est venue l’idée de faire de la musique ensemble, et sous cette formation?

Marien (guitare / voix) : ça s’est fait un peu tout seul. Je vivais à Montréal et j’avais eu l’opportunité d’enregistrer un disque dans des conditions incroyables, mais pas de groupe. Pour aller jouer les chansons j’avais proposé à Jo, un ami pas bassiste, de prendre la basse, et à Melen, qui venait d’arriver à Montréal, de prendre la batterie vu qu’il tatouillait un peu. Dis comme ça ça sent un peu le truc qui prend l’eau mais comme le seul enjeu était d’aller tout casser en concert on a bien rigolé comme ça pendant 2 ou 3 ans.

Avec Melen on y a pris goût et petit à petit Jo a eu moins le goût de partir jouer n’importe ou et de dormir par terre donc on a jammé à 2 parce que la situation était telle quelle. Ça nous a permis de forger notre son et d’avoir aussi une logistique plus réaliste par rapport à nos moyens. C’est aussi devenu une forme de jeu de tourner autour de la contrainte de faire une musique qu’on avait envie d’élaborer mais juste à 2. 

Melen (batterie) : c’est tout à fait ça ! Finalement, pour une fratrie, on a commencé à jouer assez tard ensemble, même si ça va maintenant faire bien 12 / 13 ans. Et c’est vrai que la formule « duo » est avant tout née de contraintes, mais on a fini par l’embrasser car ça permettait de laisser beaucoup de places à nos instruments respectifs, et ainsi se créer une identité sonore assez forte. 

Jouons au jeu des étiquettes : certains vous qualifient de groupe post hardcore, d’autres vous classent dans la grande branche du rock. Comment vous vous qualifieriez-vous votre style, eu égard de vos influences respectives?

Marien : par…. flemme intellectuelle ? On a pris l’habitude de reprendre les étiquettes que d’autres nous collent et qu’on aime bien. On avait gardé un moment  »Chanson française post-hardcore » pendant un temps. On a eu  »Métal pour gens assis » qui était sympa. Récemment une orga nous a qualifiés de  »noise qui chante », j’aime bien. Surtout qu’on a du le mettre en allemand pour la tournée qui vient. J’ai l’impression que selon les régions les curseurs ne sont pas les mêmes.

Un copain qui est dans la musique depuis des décennies à la frontière allemande est formel : c’est de l’alternatif. Quand on a fait notre dernier album on a demandé à Amaury Sauvé, qui a fait la réal, et à Thibault Chaumont, qui a fait le mastering, à quels artistes ça leur faisait penser. Amaury a penché vers Unsane alors que Thibault a parlé de Shannon Wright. Finalement c’est chouette de voir que les gens y voient pleins de références différentes et ne sont pas touchés par les mêmes choses dans nos chansons. 

Melen : C’est toujours compliqué le jeu de l’étiquette : si on prend un terme généraliste (type « duo rock »), les gens vont peut-être s’imaginer un rendu complétement différent et s’attendre à voir les Black Keys, et aller dans du plus spécifique, on peut vite se retrouver avec des définitions à 6 mots qui ne veulent plus rien dire, et qui fâcheront les puristes.. Je pense aussi en effet que d’aller chercher les retours d’expérience du public c’est plutôt chouette, car c’est un avis peut-être plus objectif que le notre, et c’est effectivement plus intéressant d’aller chercher ce qui a résonné chez les gens plutôt que d’essayer de se définir soit même – c’est toujours très casse-gueule ! 

Si on me pose la question et que je dois absolument y répondre, je vais plutôt aller citer des artistes qui ont des démarches inspirantes, plutôt que des « styles » proches du notre.

Côté stats, vous avec 9 ans d’existance avec plus de 200 representations a votre actif. Quel bilan faites vous de cette épopée, et quels moments forts avez vous en mémoire ?

Marien : On doit même approcher franchement les 300 concerts car on a fait notre 200ème en mars 2020, quelques jours avant d’être confinés ! Les bilans ça fait un peu  »fin de chantier » donc on peut éviter. Disons qu’on a pu faire 4 disques avec des réals supers en essayant à chaque fois des choses différentes, ce qui nous a permis d’évoluer. Là on reprend les concerts après une grosse pause studio et on a encore le feu de se dire qu’il faut que le prochain concert soit systématiquement meilleur que le précédent.

On continue de rencontrer des gens qui nous stimulent et nous donnent envie d’évoluer et de progresser dans notre démarche. Même si c’est très énergivore de gérer presque tout à seulement 2 et qu’on fait un peu dinosaures avec nos vinyles à l’heure du numérique, j’ai encore l’impression que ça vaut le coup de faire tout ça quand on arrive pour un concert dans une cave.

Melen : Je vais faire un petit détour pour répondre à la question, mais promis, à la fin ça devrait être clair où je voulais en venir !

On a un copain musicien au Québec, Bert, qui est, dans la vie, avocat spécialisé en droits des artistes, et il a un petit billet d’humeur sur un blog qui parle de l’industrie musicale. Un de ses billets traitait de la question « ça veut dire quoi « percer » quand on est un groupe? »

Et la conclusion était : je paye mes factures et mon loyer avec ma musique, donc, on peut dire que j’ai percé. Et je suis assez d’accord avec cette idée : je pense qu’au bout de 9 ans d’existence, beaucoup de groupes seraient frustrés de ne pas « encore être Muse ou Gojira ». De notre bord j’ai l’impression qu’on est plus dans l’autre équipe : après 9 ans, on continue faire des rencontres, de la route, et on arrive à en vivre, c’est le meilleur bilan possible ! 

Vous allez donner un concert à la Capsule d’Arras, où j’aurais le plaisir d’assurer votre première partie, le 23 octobre prochain. Etes-vous déjà venus sur Arras? Quelles attentes avez-vous de cette soirée ?

Marien : on est passés par Arras en tournée, mais juste pour y boire un verre et enquêter sur les possibles lieux mal-famés pour faire du bruit. Ça n’avait pas été un franc succès à l’époque, donc c’est bien de voir qu’on y arrive finalement ! Côté attentes ça devrait être simple : faire un meilleur concert que la veille, mais moins bien que celui qu’on fera le lendemain, et vendre plein de disques pour pouvoir tout ré-investir à la station-service la plus proche.

Melen : « Comme tous les soirs, Minus, tenter de conquérir le Monde ! »

Retrouvez MØSI en tournée :


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