Aütfest 2024 : De la bonne zik pour la bonne cause

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« Allier l’utile et l’agréable » est certainement l’une des expressions que j’utilise le plus dans la vie de tous les jours. Celle-ci peut aussi s’appliquer à un événement tel que le Aütfest, qui revenait pour une deuxième édition le 5 octobre 2024 après une première édition l’an passé, ma foi, superbe.

Ce festival implanté au sein de l’Espace Grossemy de Bruay-la-Buissière possède un but caritatif : la grande majorité des bénéfices engrangés durant la soirée sont, par la suite, redistribués à des associations locale œuvrant auprès de personnes vivant avec un TSA (Trouble du spectre de l’autisme).

La première édition avait vue le groupe de glam-metal qu’est Black Rain servir de tête d’affiche. La deuxième édition du Aüfest a vu encore plus grand et a proposé comme plat de résistance le thrash-metal des espagnols de Crisix, qui se disent dorénavant « Le plus français des groupes non-français » tant ils aiment se produire dans l’Hexagone.

Des groupes locaux, d’autres venant de plus loin et même des Belges ont composé le reste de l’affiche. Ils sont : Razor Butchers, Sacral Night, Unswabbed, Dropdead Chaos, et enfin de Brutal Sphincter.

Razor Butchers (Crossover-Thrash — Metz)

L’horloge allait sonner 16h30 lorsque les riffs gras et énervés des Razors Butchers ont rugi dans les travées du Aütfest. Le crossover-thrash du groupe messin a certainement assuré de mettre toute personne à la page tel un décrassage bien sec avant de se préparer pour ce qui arrivera plus tard dans la soirée.

Avec la plus grande franchise, les Razor Butchers ne révolutionnent pas le genre. Néanmoins, c’est un son diablement maîtrisé sur scène, le quintet est énergique à souhait et ainsi, il embarque la foule avec la plus grande facilité. Les looks de chacun donnent aussi un certain ton. Des personnages haut en couleur, disons.

Parce qu’ils sont vraiment sympas, je leur ai même acheté un t-shirt. En taille XL alors que, en temps normal, je taille dans le 3XL. La magie de l’oversize. Assurément une sacrée découverte les Razor Butchers.

Unswabbed (Nu-Metal — Lille)

Les régionaux de l’étape, et pas n’importe lesquels. La bande d’Unswabbed sévit depuis bien longtemps avant ma naissance et n’ont absolument pas perdu de leur superbe après bientôt trente ans à bourlinguer sur les scènes de France et de Navarre.

Pourtant, une étiquette comme le nu-metal n’est pas tant ma tasse de thé, mais c’est si communicatif qu’on se laisse prendre par la générosité et la fougue de Seb, toujours au chant.

Vieux de la vieille, connaisseurs ou bien néophytes ont eu cette occasion de vibrer tous ensemble sur le verbe conscient de Seb et le jeu bien léché de ses comparses et c’est ce qui rend si particulier d’un groupe local et éternel comme Unswabbed.

Dropdead Chaos (Metal alternatif — Strasbourg)

C’est aussi ça les festivals : il y a des sets auxquels on n’accroche moins et cela est malheureusement tombé sur la formation de Dropdead Chaos, qui ne manque jamais de faire des crochets par Ch’Nord quand c’est possible.

Mille fois navré, mais je n’accroche pas à ce qu’ils produisent. Néanmoins, parce qu’il faut être mesuré dans la vie : loin de moi l’idée de qualifier négativement ce projet car je dois avouer que certains moments m’ont, tout de même, bien accroché.

De plus, je mesure tout à fait l’engouement autour de Dropdead Chaos et je conçois pourquoi les organisateurs du Aütfest ont fait appel au groupe : c’est un son généreux, mélodique et sacrément technique. Peut-être pour cela que ça parle un poil moins au bourrin que je suis. Un jour, je ferai éventuellement mon épiphanie sur Dropdead Chaos.

Brutal Sphincter (Gore Grindcore — Liège, Belgique)

Même si je les ai déjà aperçu plus tôt dans l’année au Brutal Swamp Fest 2 de Saint-Omer, je n’ai pas boudé mon plaisir de revoir ces sacrés animaux de Brutal Sphincter. Je suis resté loin du pit (ligament croisé, tu connais), mais j’ai tout de même participé à un circle pit autour de la régie. Trois tours et j’étais essoufflé. Le cardio est inexistant.

Qu’est-ce que c’est con, mais qu’est-ce que c’est bon. On croirait que c’est tout simple de taper dans le grind alors qu’en fait, c’est diablement technique.

Brutal Sphincter, c’est toujours avec ce brin de conscience car il s’agit de « Poolitical Grindcore » et c’est bien plaisant. Des crottes de nez envoyés à tire-larigot à toute personne et idéologie fermée d’esprit puisque par ces temps qui courent, c’est par la culture qu’on peut, pour le moment, transmettre quelques messages.

Crisix (Thrash Metal — Igualada, Espagne)

En être à sa deuxième édition et s’offrir Crisix en tête d’affiche, c’est tout de même pas banal. Les espagnols pratiquants d’un bon vieux thrash metal ont conclu ce Aütfest de la meilleure des manières.

Les classiques sont joués, le spectacle est assuré avec des costumes et une certaine forme de tchatche. On peut avoir vu Crisix en concert de nombreuses fois auparavant qu’on ne se lasse jamais de les voir. De la générosité, toujours. C’est ce qui a certainement marqué cette programmation musicale du Aütfest.

De plus, on pourra raconter qu’un valeureux a eu le toupet de demander, avec son affiche et sa police Times New Roman, de jouer son morceau favori de Crisix à la guitare devant toute la salle. Demande acceptée par le groupe et voilà que le valeureux a surpris tout son monde en jouant « G.M.M (Great Metal Motherf*cker) » comme un dieu. Y’a de quoi flex comme pas possible. Sachez que ce fieffé coquin recherche un groupe et j’ose espérer qu’il a déjà reçu quelques offres depuis cette performance.

Puis bon, on ne va pas se mentir : Ultra Thrash, ça fout toujours les frissons quand on se mange les premiers riffs dans les tympans.

Conclusion

La première édition avait déjà mis la barre très haute. La deuxième l’a mise encore plus haute. C’est plutôt dingue de se dire que le Aütfest n’a que deux éditions (+ deux Be För) et qu’il est dores et déjà d’un professionnalisme assez saisissant.

La buvette tourne toujours aussi bien, tout comme il en avait l’air au merch car on prend soin de laisser un bel espace à cette partie au combien importante pour les groupes. On peut toujours autant naviguer à l’extérieur et découvrir, aussi, les nombreux partenaires du festival. Le Aütfest, c’est familial, c’est convivial. On s’y sent plus que bien et dès les premières bornes avalées pour rentrer chez soi, on a hâte de la prochaine édition (et de son traditionnel Be För !).

Un énorme kudos à toute l’équipe de bénévoles, celle-ci contribuant à la qualité de l’événement ainsi qu’à Lori et Mat, fondateurs du Aütfest, parce qu’il s’agit d’un beau projet, qu’il est finement maîtrisé et qu’en ces temps qui courent, ce type d’initiative fait sacrément du bien au moral. Et par dessus-tout, c’est un terrain de superbes découvertes.

Bisous et câlins !


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