A Travers Champs # 5

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Preface

Là où, pour bon nombre de mélomanes, l’été est propice aux summerfest, beaucoup d’entre nous se voient frustré(e)s et lésé(e)s de constater les hausses de tarifs vertigineuses, qui rendent ces expériences moins savoureuses, moins accessibles, moins envisageables. Pourtant, il reste des irréductibles festivals à taille humaine et l’éthique sans égale, qui parviennent à créer une atmosphère idéale que l’on cherche tant. C’est ce qu’est parvenue à faire l’équipe du ATC pour sa cinquième édition

ben.mindgrief

Ambiance

Tout commence par l’accueil, un staff adorable, détendu, plaisant et poli, qui nous amène dans une clairière en bord de route non loin de Clarke – St Augustin (62). Une fois le véhicule stationné, il n’y a plus qu’à se procurer le bracelet et on peut s’installer au campement. S’en suit l’arrivée sur le site en quelques petits pas. Foodtruck, buvette, toilettes sèches, stand dj radio locale qui assure l’animation pendant les changements de plateau … il ne manquait absolument rien à ce festival, juste ce qu’il fallait, et avec la bonne humeur s’il vous plait.

Mal aux yeux (punk-hardcore)

Mise en bouche… explosive ! Voilà quatre gaziers qui entrent sur scène presque sur la pointe des pieds mais livrent, dès l’entame du festival, un set frontal. Ici, pas de punk gentillet. Guitare incisive, section basse-batterie organique, voix rugissantes … Pas besoin de tendre longtemps l’oreille pour comprendre qu’ils ne sont pas venus jouer les petits bras. Le décor est planté : ton corps va vibrer, tes cervicales vont chauffer et tous les poings vont se lever vers le ciel muet, pendant que, sous le chapiteau, les décibels s’entassent. Un live massif … grandiose. Mal aux yeux (conjonctivite asso) porte bien son nom : ça cogne.

Fire Me! (punk/rock)

Le gros point fort de ces Liégeois ? Leur gouaille. De toute façon, t’es prévenu : c’est écrit sur la casquette du leader : « Smile » Alors, fais-toi plaisir ! Les voix se croisent et se superposent, les rythmes cavalent : c’est rapide, solide, sans jamais faiblir. Un joyeux défouloir qui finit même par faire choir la crash sous les coups de boutoir du batteur. Du punk-rock qui ne cherche pas midi à quatorze heures : ça joue, ça saute, ça sourit.

René Binamé (anarcho/punk)

Probablement le groupe le plus culte du festival. La triplette belge déroule ses refrains (depuis 1988 !) aux allures de chansons populaires avec une liberté qui se fiche bien des étiquettes. Rythmique chaloupée, arrangements bancals – en apparence seulement. René Binamé fait cohabiter la tendresse et la révolte. Un paradoxe consenti puisque, dans la fosse, ça skanke autant que ça chante…Même après près de 40 ans de carrière, l’anarchie danse toujours devant ces lascars, et, visiblement, elle a encore toutes ses dents.

Nord//Noir (punk/ techno/ gabber)

Sans transition, te voilà plongé dans une fête qui aurait des airs de manif sous stroboscope. Avec Nord//Noir, les textes portent une poésie rageuse et transpirent les injustices sociales. Les pulsations de leur set électro font le reste. Elles t’attrapent aux tripes et le cœur suit. Inutile de résister, tu te laisses happer et tu décharges tes colères dans une transe collective.

Schlaasss (électro/punk hybride)

À Travers Champs c’est punk, oui, et même sous ses formes les plus décalées. Schlaasss est le projet le plus barré de l’affiche, le duo définissant lui-même son style de « volvo core ». Inutile d’avoir poncé tout leur set (la fatigue a eu raison de moi, désolée) pour capter la force de leur écriture ultra-brute que la chanteuse veut « androgynomiso-gamine ». Sous leur look de friperie intergalactique trash, ils dynamitent tous les codes et secouent la fin de soirée.

Conclusion

On l’aura compris, « A Travers Champs » fait partie de ces festivals dont la modestie et la prétention flirtent sonnent tel un idéal du bonheur absolu : pas besoin de froufrous, de pyrotechnies, de débauches de matériels et d’artifices pour générer la joie et la bonne humeur dans le cœur de celles et ceux qui savent voir l’essentiel : l’art dans son plus simple appareil

ben mindgrief

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