ITW – PUTRID OFFAL Normandy Metal Fest 2025

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INTERVIEW – PUTRID OFFAL (Normandy Metal Fest – 29/11/2025)

INTRODUCTION

Au cours de la première partie des années 90, PUTRID OFFAL s’impose comme un des projets les plus crus, viscéraux et furieux d’une scène Grind française à ses balbutiements : Démos et Splits meurtriers sur fond de son faisandé et d’énergie débordante typiques de l’époque. Vos collaborations désormais légendaires avec les belges d’AGATHOCLES, les suisses d’EXULCERATION, vos voisins de SUPURATION ou SEPULCHRAL et bien d’autres, ont laissé une empreinte singulière dans l’underground hexagonal.

Pour éclaircir le chemin de nos lecteurs et mettre les pieds dans le plat dés le début, pouvez-vous en quelques mots expliquer les raisons de la séparation du groupe en 95 et ce qui a amené à sa reformation en 2018 ? Ce n’est pas banal un tel hiatus, surtout pour revenir aussi fort d’entrée de jeu, aussi longtemps après.

Franck : La séparation a essentiellement été due à un problème relationnel avec notre batteur de l’époque, portant notamment sur les choix artistiques et la direction musicale. Il y avait aussi un certain ras-le-bol. Il faut dire qu’il n’y avait pas internet donc on n’avait pas de retour sur la patte qu’on pouvait avoir, on pouvait parfois avoir l’impression de donner des coups d’épée dans l’eau. On a découvert notre impact à l’international seulement lors de notre reformation, des groupes étrangers avec lesquels on a joué nous ont dit qu’ils avaient nos Splits à l’époque. C’était d’ailleurs étonnant de le découvrir vingt ans après !

I. PARLONS MUSIQUE

Vous avez été étiquetés Grindcore dans la première partie de votre carrière mais je trouve que votre musique était déjà bien plus riche que ça dés le départ. Quand on réécoute les morceaux originaux, on entend déjà une réelle tension entre Grindcore pur à la HAEMORRHAGE et Death Metal plus lourd, plus épais à la AUTOPSY. Il y a aussi ce grain incroyable, cette texture crade et organique, on oscille entre format court et haute densité musicale qui dépasse à mon sens largement le cadre Grind.

Comment définissiez vous votre style à l’époque, le définiriez-vous différemment aujourd’hui ?  Vous aviez une vision précise de ce que vous vouliez produire ou c’était plutôt de l’instinct ?

Franck : On fonctionnait plutôt à l’instinct. L’objectif premier était effectivement de faire du Grind mais on avait des écoutes musicales très variées, pas mal de Death suédois, américain, de la scène anglaise, etc. On avait besoin de ce format de guitares lourdes pour faire le pont avec le Grind et arriver à produire notre propre son.

Est-ce qu’aujourd’hui il reste une empreinte dans la méthode de composition ou dans l’approche de la musique que vous aviez à l’époque ?

Franck : Elle est un peu différente parce que je jouais de la guitare dans la formation originale. L’écriture des rythmiques se fait maintenant entre Fred et Phil même si je participe aux compositions et que j’essaie de faire en sorte de conserver une certaine identité, le groupe restant ouvert aux évolutions évidemment.

C’est toi qui compose les paroles ?

Franck : Pas du tout, je suis un vrai chantiste ! Historiquement je m’occupais uniquement des compositions, c’étaient Fred et sa sœur (qui est devenue mon épouse) qui écrivaient les textes que j’interprétais. Quand on s’est reformés Fred avait toujours plein d’idées donc on l’a laissé écrire et au final ça se déroule très bien.

Pour votre retour en 2015, vous décidez de faire un choix à la fois rare et fort : présenter votre catalogue sous deux formes distinctes. D’un côté : « Premature Necropsy » qui remet sur la table les versions originales remixées, réarrangées, retravaillées conservant le côté rugueux des origines. De l’autre : « Mature Necropsy » qui propose un réenregistrement complet ainsi qu’une production moderne de qualité, plus affirmée, plus claire et plus puissante.

En se réappropriant son répertoire d’une telle manière, qu’est-ce qu’on y gagne et qu’est-ce qu’on y perd ?

Franck : Quand Philippe a créé son studio (actuellement WaveLight Factory), on a voulu refaire les morceaux de l’époque pour voir comment ça sonnait, sans ambition particulière. La cassette a fini par tourner, les retours étaient bons et un ancien fan, Nico qui tenait le label XENOKORP, nous a incités à reformer le groupe en nous proposant de nous distribuer sur son label. C’est ce qui a fait basculer vers la reformation du groupe.

Phil : Sa condition c’était qu’on fasse du live. Quand on reprend le répertoire on a beaucoup de morceaux assez courts et on n’avait pas assez de titres, on s’est donc retrouvés à composer dans la dynamique des morceaux existants. C’est à ce moment, autour de 2013, 2014, que Nico nous a présenté Laye et qu’on a repris la scène.

Est-ce que cette relecture vous a permis de redécouvrir certains morceaux sous un autre angle ? Je pense notamment à un titre comme « Gurgling Prey » qui semble avoir pris des amphétamines et trois possessions démoniaques différentes entre les deux versions.

Franck : On en a profité pour réécrire les morceaux parce qu’on trouvait qu’à l’époque c’était vraiment binaire, on a réenregistré le tout en deux jours par la suite, donc à la fin on a vraiment pris le temps de peaufiner l’enregistrement, le mixage et le choix des sonorités des instruments.

Phil : On a eu cette discussion où on s’est dit que les sonorités qu’on avait trouvées, c’était celles que le groupe cherchait à l’époque. Par exemple les techniques de batteurs ont beaucoup évolué, à l’époque l’approche du Grind était une approche Rock/Punk qui ne demandait pas le même dextérité, le trigger n’existait pas entre autres contraintes techniques. Les objectifs que Franck et Fred avaient n’étaient pas spécialement atteints à l’époque. Aujourd’hui, notamment avec la programmation ce n’est plus un problème.

Franck, tu as programmé des batteries sur des titres produits pour votre reformation ?

Franck : À l’époque où PUTRID s’est arrêté on a créé M.PHERAL et là effectivement Fred et moi faisions de la programmation de batterie. Sur « Mature Necropsy » le but n’était pas que le projet sorte donc on a choisi de ne pas engager de batteur mais de programmer les batteries tout en faisant attention à ce qu’elles sonnent le plus naturel possible.

Phil : On a surtout essayé de respecter les idées de Boris, le batteur original, tout en optimisant certaines parties notamment sur « Obscurum Per Obscuris » où certains morceaux arrivaient à 4 ou 5 minutes. Boris avait une lecture plus progressive du Grind, ce qui n’était pas la recherche première de PUTRID. C’est pour ça qu’on a raccourci certains titres pour plus d’efficacité et c’est ce qui a posé les rails pour la suite.

En 2020 sort votre second album, le massif « Sicknesses Obsessions » qui marque un tournant significatif du point de vue de la démarche artistique. C’est un album concept basé sur les travaux d’André Vésale (1514-1564), l’un des premiers à avoir pratiqué des dissections sur des corps humains, souvent obtenus clandestinement dans un contexte où le pillage de tombes alimentait autant la science que le scandale. Les observations issues des autopsies interdites qu’il pratiquait ont bouleversé la compréhension du corps humain à la Renaissance.

Le projet est un hommage à la cruauté clinique et aux obsessions morbides de l’anatomie. Le son est monstrueux : plus dense, plus nerveux et plus chirurgical que jamais. On sent une intention derrière chaque riff, chaque break, chaque accélération. Le déferlement de violence reste maîtrisé avec des vraies variations de rythme entre les morceaux et une palette vocale élargie. La présence de chants lyriques que l’on doit à une certaine Hélène Le Daist, sur des morceaux comme « Charnel House » par exemple, est l’élément le plus surprenant de l’album mais aussi le plus pertinent parce que cela fonctionne parfaitement. Cela ancre l’album dans une ambiance cérémonielle, une période historique précise, ce qui ajoute un relief inattendu et original.

Franck : Hélène qui était la compagne d’Hervé Coquerel de LOUDBLAST qui habite à quelques kilomètres de chez moi. On se voit souvent et en discutant, Hélène ayant pas mal de projets à côté, on a décidé d’incorporer cet élément.

Comment le concept a-t-il pris une forme concrète ? Pourquoi Vésale ? Et comment toutes ces idées se sont-elles articulées pour donner une identité si forte à cet album ?

Fred : Je suis très intéressé par la médecine et j’en avais un peu marre d’écrire du médical à la CARCASS. Je me suis dit qu’il y avait plein de personnages ayant innové dans le domaine donc je me suis procuré leurs carnets de notes. À l’époque de Vésale on opérait encore avec des procédés remontant à l’Antiquité. Il a remis cela au goût du jour en faisant des dissections dans des caves et en volant des corps dans des cimetières, il a aussi opéré des personnes importantes et a donc une histoire particulière. J’essaie toujours de trouver un personnage comme lui, comme sur l’album suivant et pour le prochain.

Tu pourrais me donner un indice ?

Fred : On sera à l’époque de la première guerre mondiale et ça tournera sans doute autour du cerveau, avec un personnage du côté allemand et un autre du côté français. Je suis actuellement en train de me documenter pour donner de la matière aux textes.

(PS : Ma théorie serait un duo Otfrid Foerster / Georges Guillain)

En avril dernier est paru le grandiose « Obliterate Life », un album sur lequel vous confirmez la direction amorcée sur « Sicknesses Obsessions » : celle d’aller toujours plus loin dans votre concept centré sur des figures historiques fortes et dans leur rapport à la souffrance, au corps, à la guerre et à la médecine. Cette fois, vous explorez la vie et l’œuvre de Dominique-Jean Larrey (1766–1842), chirurgien en chef de la Grande Armée, pionnier absolu de la médecine de guerre moderne. Il soignait sur le champ de bataille, parfois sous le feu, et a révolutionné les pratiques médicales en créant les premières ambulances d’urgence et des techniques d’amputation rapides, pensées pour sauver plutôt que mutiler. Un personnage fascinant, à la fois héroïque, clinique, froid et profondément humain.

Fred : Pour ce personnage tout est parti d’un documentaire que j’ai vu sur la campagne de Russie de Napoléon au cours de laquelle il était médecin en chef de la Grande Armée. Il a inventé les ambulances et a aussi expérimenté des techniques médicales sur le terrain. J’ai creusé et j’ai pu trouver qu’il avait aussi participé à la campagne d’Égypte, de Russie donc, puis après l’exil de Napoléon il est devenu médecin en chef à Paris où il a continué à faire ses recherches. J’ai récupéré ses carnets de campagne, la bibliothèque nationale écossaise de Glasgow met en ligne un grand nombre de sources médicales que j’ai pas mal utilisées pour Vésale aussi.

Musicalement, « Obliterate Life » enfonce le clou. L’album alterne entre des attaques très courtes, très directes, comme « Entrails Emancipation », où ça blaste sans respirer et des morceaux plus longs, plus denses, comme « Darkness Awaits », avec des variations, des ralentissements, qui entretiennent une tension constante très maîtrisée. On sent une volonté de creuser autant la technicité que l’impact, de jouer sur la dynamique entre urgence et oppression, exactement ce que raconte la vie de Larrey : le sang, l’amputation, le triage des blessés, la course contre le temps, la limite toujours floue entre sauver et mutiler. Le son est massif, les riffs sont plus acérés que jamais et l’écriture semble chercher à traduire musicalement les gestes rapides, précis et implacables du chirurgien de guerre.

Avec « Obliterate Life », on a vraiment le sentiment que PUTRID atteint un niveau d’aboutissement rare : tout est cohérent, intense, précis. Comment vivez-vous cette maturité aujourd’hui, maintenant que l’album est là, fini, et qu’il parle de lui-même ?

Franck : On a de très bons retours sur l’album, c’est vrai que pour nous c’est une évolution naturelle, on essaie de progresser à chaque étape. Il y a l’aspect technique pur qui n’est pas figé, Phil est sans cesse en train de chercher le dernier logiciel pour pouvoir mixer/enregistrer, etc. L’avantage d’avoir le studio et de travailler avec d’autres groupes c’est de trouver d’autres façons de faire, ça fait avancer le studio ce dont on profite directement. Il y a aussi l’expérience qui fait qu’on avance, on continue tous d’écouter de la musique ce qui permet aussi d’avoir de nouvelles idées et je pense que c’est ça qui fait la force du groupe, nous avons chacun des écoutes différentes.

II. PARLONS LABEL, DEMARCHE

« Premature Necropsy » et « Mature Necropsy » sont sortis chez KAOTOXIN, « Sicknesses Obsessions » chez XENOKORP et « Oblitared Life » chez TIMETOKILL. Vous étiez un peu à la maison avec KAOTOXIN/XENOKORP, dans un cadre très familial et j’ai cru comprendre que le passage chez les italiens de TIMETOKILL vous a demandé une vraie adaptation, notamment sur la question des supports et de la manière de travailler.

Pourriez-vous nous parler de ce que ce changement a impliqué pour vous ? Est-ce que cela a eu un impact sur votre rythme de production, votre expression artistique, et surtout, votre liberté et plaisir de création ?

Fred : Sur ces trois points là non, aucun impact, le seul c’était vraiment les supports. Comme tu l’as dit avec Nico il y avait ce côté familial, on avait des discussions sur la meilleur approche pour les CD, vinyles, les visuels etc. On était cinq à décider.

Franck : Nico était force de proposition, il amenait beaucoup d’idées et on avançait ensemble avec une totale liberté, même si la contrainte financière fait que tu ne peux pas faire n’importe quoi. Sur le fond il était très moteur pour le groupe donc c’était très confort. Avec TIMETOKILL le contrat est clair, ils produisent un nombre défini de CD, vinyles, t-shirts précis et pour le reste, c’est-à-dire la musique, on a livré le package complet sans aucune contrainte musicale ou visuelle.

Est-ce que je peux vous demander des nouvelles de Nicolas ? Son état de santé s’est-il amélioré ?

Franck : Son problème médical s’est amélioré, il a fait les examens nécessaires et sa vie s’est stabilisée. C’est clair qu’il ne retrouvera pas la vue mais il vit tranquillement avec son père et ça se passe bien pour lui.

Depuis votre retour on sent que PUTRID OFFAL s’est profondément enrichi sur tous les plans de la composition aux thématiques. On devine facilement que chaque membre du groupe amène sa part d’influences et d’inspiration, sa sensibilité. Comment se construit et s’entretient une telle alchimie ?

Franck : C’était comme ça dés le départ, on ne s’est jamais imposé de contraintes. C’est d’ailleurs ce qui a amené au clash avec Boris qui voulait amener des idées auxquelles on n’accrochait pas forcément. Chacun a ses propositions et on essaie de trouver un juste milieu dans lequel tout le monde est ok. Pour la composition, si une idée que l’on n’aurait pas forcément choisie au départ s’intègre bien on la garde quand même pour le morceau.

Fred : L’avantage c’est qu’on a tous les quatre des horizons musicaux différents, par exemple Laye est le plus ouvert et je suis celui qui écoute le plus de musiques extrêmes. Quand j’apporte des riffs ou des morceaux trop extrêmes Phil et Franck sont là pour me dire que ça ne va pas être possible. Pour moi ça ne l’est jamais assez et pour eux il faut aussi aérer le truc sinon on ne s’en sort pas.
Laye est aussi force de proposition notamment pour la composition de la batterie. Quand on fait les maquettes on programme une batterie puis quand Laye l’écoute il corrige le jeu. C’est ce qui donne beaucoup de couleurs à certains titres pouvant sonner purement Grind sur la maquette et qui prennent tout de suite de la hauteur. Comme j’écris les paroles après avoir enregistré la musique ça me donne beaucoup d’idées notamment pour les refrains, l’enchaînement des voix.

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre vous et SCD : vous n’avez pas commencé exactement au même moment (vous étiez déjà actifs avant leur premier split) mais je trouve que vous avez suivi, chacun à votre manière, une évolution étonnamment proche. Vous avez tous les deux débuté avec une base très brute, très viscérale, ancrée dans la scène Grind des années 90. Puis, au fil du temps, votre musique s’est densifiée, enrichie, hybridée : Death Metal, Brutal, passages techniques, rythmiques plus réfléchies, choix artistiques plus recherchés, albums concepts et thématiques précises riches en références historiques. Aujourd’hui, vous faites partie des rares groupes français qu’on peut placer côte à côte sur un festival sous l’étiquette « Grindcore Legends », chacun avec sa personnalité propre. Et coïncidence amusante : cette année, vos deux albums sont sortis à deux semaines d’intervalle.

Pour moi, ces deux disques se répondent presque comme deux frères, dans l’intensité, la richesse du son et l’ambition. Est-ce que ce parallèle vous parle, ou est-ce que ce ne sont finalement que deux histoires qui ont évolué sur différents chemins sans jamais vraiment se croiser ?

Franck : Non, je pense que tu as raison. C’est deux histoires parallèles avec peut-être une approche différente mais très proche. Ce n’est pas la première fois qu’on joue à leurs côtés, effectivement nos histoires se croisent mais c’est vrai qu’on ne s’était pas vus cette année donc on ne savait pas pour l’album.

III. PARLONS DE VOUS

Puisqu’on parle de parallèles, il y a un autre point qui m’a frappé à ce sujet : chez vous comme chez SCD, l’arrivée d’un membre plus jeune a eu un vrai impact sur l’identité musicale du groupe et donné un nouveau souffle à chacun des groupes. Chez eux Thomas, guitariste, qui a composé trois très gros morceaux sur leur dernier album et chez vous Laye qui amène une énergie, une précision et un groove qui ont clairement marqué les derniers projets.

C’est dommage que Laye ne soit pas présent car j’ai trouvé un détail vraiment marrant en faisant mes recherches : il est né en novembre 91, comme la première version de « Premature Necropsy » sur le Split avec EXULCERATION. Est-ce vraiment un hasard ?

Franck : C’est ce qu’on s’est dit, l’alignement des planètes. Déjà, qu’il soit dans le roster de KAOTOXIN avec DEHUMAN. Ensuite que ça match, parce qu’on a essayé d’autres batteurs avec qui ça ne le faisait pas. Il y avait déjà cet aspect de l’âge, on pouvait sentir que les autres n’avaient pas la même vision que nous. Alors que Laye, malgré son jeune âge, est branché sur les mêmes ondes que nous.

Phil : En fait il a compris l’essence de Putrid Offal, ce qui n’est pas spécialement donné pour quelqu’un de sa génération qui ont découvert le Death Metal bien plus tard que nous qui en avons connu la genèse. Il comprend cette emprunte et encore plus, il la vit.

Franck : Est-ce que c’est parce qu’il est né justement en 91 ?

C’était justement ma question pour lui, est-ce vraiment un hasard finalement ?

Franck : Ah ça faut voir avec sa mère ! (éclats de rires)

Franck, au départ tu assurais à la fois la guitare et le chant pour te consacrer entièrement à la voix à votre retour. Comment cette évolution s’est-elle faite pour toi ? Qu’est-ce que ça change de passer d’un rôle double à une présence vocale pure ? Et comment tu travailles aujourd’hui cette identité vocale très particulière (massive, texturée et précise) tout en gardant la sensibilité de guitariste qui t’a formé à l’origine ?

Franck : Une des raisons pour lesquelles on a arrêté c’était qu’il fallait manger, donc trouver un boulot. Le groupe est de Valenciennes et j’ai dû partir sur Calais pour du taf, je m’y suis mis à fond et j’ai complètement arrêté la guitare. J’aurai pu reprendre le chant ou la guitare mais je ne pouvais pas faire les deux après tant d’années, le travail continue de son côté donc je n’avais tout simplement pas le temps de me remettre aux deux. Ce qui est bien c’est que ça m’a permis de m’y remettre à fond et de travailler le chant plus que pendant la première période où la voix était plus basique.

Philippe, tu as une double casquette dans le groupe, tu es guitariste mais aussi « architecte sonore » si je puis dire.

Phil : Depuis la reformation j’avais proposé des sonorités, Franck est un grand amateur devant l’éternel de la HM-2 (ndlr. pédale de disto modèle Boss Heavy Metal-2), et c’est peu dire, s’il pouvait mettre ça à la place de sa pédale d’accélérateur il mettrait une HM-2 dans sa bagnole ! Comme je suis ingé son et que j’ai mon studio, j’essaie d’apporter quelque chose d’un peu plus singulier. Quand je joue de la gratte, que j’enregistre, ça passe par le filtre du groupe et je considère que ça ne m’appartient plus. De la même manière que quand je travaille avec un groupe au studio , je peux proposer différentes façons de jouer un riff mais c’est simplement pour apporter du confort donc j’arrive à passer outre la double casquette.

Tu travailles aussi pour des spectacles à ce que j’ai vu ?

Phil : Oui, par exemple hier j’étais avec Hervé Villard.

Julien, tu es seulement en cession live pour le groupes mais tu as joué le répertoire avec beaucoup d’aisance et surtout sans pains, comment c’est possible ?

Julien (Thyr) : Je suis guitariste à la base mais ça fait pas mal de temps que je fais de la batterie en session, j’ai joué pour OTARGOS que j’avais quitté et que j’ai de nouveau intégré récemment. J’ai aussi pu jouer pour pas mal de groupes étrangers. Comme j’ai une formation de guitariste j’ai acquis la capacité d’apprendre des morceaux rapidement, ici par exemple il y avait sept morceaux du dernier album à apprendre, je les ai bossés de mon côté, les gars sont venus répéter chez moi en début de semaine à Bordeaux et on a rentré la setlist.

CONCLUSION

Un grand merci à Franck, Phil, Fred et Julien qui ont gentiment accepté cette belle interview donnée après leur show au Normandy Metal Fest. Un échange détendu, contrairement à la prestation déchaînée du groupe qui mis la scène à feu et à sang avec des décors ainsi que des costumes dignes des plus grands cabinets de docteurs fous d’Europe ! Seul regret : l’absence de Laye pour qui j’avais pas mal de questions, même si Julien a assuré comme personne. Rendez-vous manqué mais pas annulé ! Dans la lignée des interviews de groupes mythiques de l’histoire du Death Metal français tenues dans ce journal, souhaitons le meilleur à Putrid Offal dont les membres comptent bien continuer à partager leur énergie et leur vision exigeante, cohérente et surtout incarnée de la musique.

LIENS

Bandcamp : https://putridoffal.bandcamp.com/
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UChw5JPo7p_llwLNKrTwd2Yg/
TIMETOKILL Records : http://https://timetokillrecords.com/
Facebook : https://www.facebook.com/putridoffal/
WaveLight Factory : https://www.facebook.com/wavelightfactory/


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