photos : ioaninna
L’hiver approche, la vague de froid se poursuit dans les airs et dans les amplis, et pourtant, c’est bel et bien une chaleur incandescente qui a embrasé les âmes passionnées du CCL de Lille hier soir.
Cerbère Coryphée, grands faiseurs de « bien mal-être » et anges gardiens déchus de la Sainte Déesse Mélancolie, sont à l’origine de cette soirée qui fut un réel succès, tant organisationnel qu’humain.
SINISTRE ROSE (Dark Wave – Lille)
La soirée débute avec le projet personnel de notre cher confrère Axl Meu, rédac chef de l’illustre magazine HERETIK, et qui le temps d’une soirée se grime pour nous dévoiler une autre facette de talents. La plume posée, la Les Paul décrochée, c’est avec sa comparse Agathe que démarre le premier beat d’introduction.
Pour une quatrième représentation, je dois avouer que je suis stupéfait de la solidité du projet. Je ne doutais pas du sérieux des protagonistes, mais c’est toujours aussi réconfortant de voir où la passion peut mener quand on la laisse s’exprimer.
Le public entre tranquillement dans la danse pendant qu’Axl nous gratifie de ses émotions communicatives, un moment très intimiste, et très profond, qui prend une dimension plus explosive d’une reprise, et pas des moindres : un aller simple en Turquie pour une version francisée de « Sann » de SHE PAST AWAY, qui rappelle le récent exercice de DEAR DEER. La salle est en phase absolue.
Le set se termine comme il a commencé, avec une piste instrumentale, telle des ponctuations musicales, des poèmes avec des mélodies en guise de paroles, qui entourent et paraphent une prestation brillante d’un jeune projet auquel je souhaite la plus glorieuse des histoires.
THE LOG EQUATION (Vague Froide d’Entre Les Mondes – Lille)
Et c’est en totale subjectivité que je m’en vais vous narrer la fabuleuse prestation de mes chers amis de THE LOG EQUATION, avec qui j’ai eu l’immense plaisir de partager la scène l’an dernier lors des TWIN PEAKS PARTIES.
Et c’est avec une joie immense que je contemple leur évolution. Un set entièrement « repackagé » comme on dit quand on se la pète, pour ne pas dire que le projet a su merveilleusement se réinventer.
On prend un certain plaisir à redécouvrir les chansons de leur album « Diane’s Diary » ponctué de nouveautés très plaisantes, telles que l’inédite « Supernova » et le désormais incontournable « Dumb & Plumber »
Le duo se déhanche et envoute la cave du CCL, manipulant les lumières et la boule à facette comme nulle autre. C’est tout bonnement une heure de « transe à cœur ouvert, et à fleur de peau » à laquelle on assiste, un délice des sens. Je vous aime.
SENSITIVE CONTENT (Post Punk, Athènes Grèce)
L’heure tourne, mais l’ambiance ne redescend pas, et c’est dans cet esprit que va démarrer une représentation qui sort de tous les cadres que la raison nous autorise à décrire, (mais je vais quand même le faire), c’est à dire qu’avec un tel nom, ce serait mentir que de prétendre ne pas avoir été prévenu.
SENSITIVE CONTENT, c’est d’abord un arsenal de matos musical impressionnant, composé de synthés modulaires, de boites à rythmes et de séquenceurs … et aucun ordinateur à vue, qui confère un son très profond et immersif, qui est lacéré par les riffs du guitariste parisien Alexandre, et qui est embarqué dans un tourbillon spectaculaire qu’est Manos, chanteur du groupe.
Pendant une heure, Manos se déhanche frénétiquement entre scène et fosse à la rencontre nez à nez, front contre front, avec chacun des spectateurs, contant ses proses, en prenant soin de toujours garder le contrôle de la panoplie d’effets vocaux et donc le séquenceur de boucles infernal.
Le concert est l’incarnation de ce qu’est le post punk et la cold wave : c’est le pinacle des deux monuments.
Après quelques échanges avec le public, le groupe lance sa dernière chanson, qui se termine … jamais. Les membres sont partis de scène, et ont laissé les machines jouer la mélodie récurrente pendant des minutes, et des minutes, jusqu’au moment où le public s’est invité au micro et aux machines pour une improvisation plaisante. Etait-ce prévu? J’imagine que non, et c’était cool
CONCLUSION
Une soirée authentiquement parfaite, comme sait si bien les faire nos bienfaiteurs de Cerbère Coryphée. Des groupes hors du commun, dans un endroit qui l’est tout autant, et avec un public qui sait pourquoi il est là.
Mention spéciale à LILA EHJÄ pour avoir cimenté toute la soirée de son djset, qui a contribué à l’ambiance globale de cette soirée de haute qualité.










































