S’il s’avère difficile de circuler au travers du Couleur Café un dimanche soir, la raison est purement et simplement la suivante : c’est que le concert est bon et qu’en plus de ça, le genre doit aisément taper dans une étiquette du genre bien vitaminée.
Ce fut du punk qui se produisait au Couleur, avec chacun sa spécialité : le power-trio riot girl des indémodables EYEBAGS et le punkabilly des infatigables NURSE’s DEAD BODIES.
Inutile de dire que c’était deux bonnes heures d’une sacrée énergie mise en barre, en fût et en générosité. Semble-t-il que le punk n’est toujours pas mort. Cela fait longtemps qu’il devrait l’être, mais parait-il qu’il est immortel.
EYEBAGS (Punk Riot Girl, Arras)
C’est toujours un plaisir d’assister à un concert d’un trio des EYEBAGS. Le trio composé d’Irma, Magenta (également chanteuse de DISGRACE) et Carly envoie toujours autant d’intensité et d’énergie et cela a certainement séduit celles et ceux qui les découvraient.
Il y avait aussi une partie de ces gens amassés dans le Couleur qui les connaissent très bien. C’était assez marrant d’observer les différentes générations parsemées dans cette petite foule. Toujours est-il que ça a très bien bougé quoi que ce soit l’âge. Une belle communion pour crier à plein poumons quelques bonnes formules, les Eyebags étant, somme toute, des femmes engagées.
Un engagement notamment visible par la conception d’une piñata à l’effigie du Donald, celui que les amerloques ont réélu dernièrement. La tête du Donald a mangé quelques échanges façon volley-ball avant de se faire rétamer la gueule comme il se doit. Ce qu’il y a eu don d’exciter bon nombre de monde dans une ambiance bien électrique.
Dommage qu’il n’y avait pas une incantation faite sur cette piñata pour que le vrai Donald ressente les quelques bonnes chiches envoyées par tout un bar.
NURSE’S DEAD BODIES (Punkabilly, Arras)

Je crois bien que c’était la première fois que je voyais les NURSE’S DEAD BODIES et qu’est-ce que c’était cool. Quelle brillante idée d’user la contrebasse du rockabilly pour transformer tout cela en… punkabilly. On reste toujours dans le mot-valise.
L’incommodité de déplacer un tel instrument en vaut bien la peine puisque ça apporte une sacrée pèche et identité au son de la bande.
Pendant que le trio instrumental assurait à l’arrière, c’est la chanteuse Audrey qui fout une ambiance de feu sans pareil partout où elle passe. Une panoplie vocale et une énergie de tous les instants qui a retourné tout le Couleur. Ça s’est carrément terminé debout sur le comptoir et par un crowd-surfing. Ça, c’est du rock, fin, du punk(abilly).
On est à la croisée entre le punkabilly et ce certain arrière-goût de garage. De fait, ce n’est pas si étonnant que les NURSE’S DEAD BODIES déblaient tout sur leur passage, mais c’est si plaisant. J’ose espérer de nouveaux passages en studio car c’est le genre de projet local qui peut aller, très loin.
CONCLUSION
Il fait toujours aussi froid dans les rues d’Arras, mais un concert bien punk comme celui-ci, ça réchauffe ton corps et ça te saoule car il faut bien se remettre de tout ça par la suite. Un joyeux bordel.
De plus, la paire proposée fonctionne bien ensemble. La même étiquette, certes, mais on sait l’étirer sans non plus se faire un claquage. C’est local de chez local, qui plus est.
On pense aussi à un certain mouvement qu’est le « More Women on Stage (and Backstage) » et c’est superbe de savoir qu’Arras est garnie de femmes qui peuvent retourner des scènes et des lieux comme elles savent (très) bien le faire. Plus qu’un simple slogan, c’est une obligation à se donner pour tout lieu organisant des concerts.
Bisous et câlins.



