Oxygen Destroyer – « Guardian of the Universe » (09/08/2024)

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Cette production américaine est proposée par le label indépendant Redefining Darkness Records basé à Cleveland et créé en 2015 par Thomas « Plaguehammer » Haywood, un passionné de métal extrême qui a joué de tout (sauf de la voix) dans divers groupes au début de la décennie et animé le podcast « Into the Darkness ».

Il a parallèlement créé le label Seeing Red Records davantage orienté Grind/Hardcore, Redefining Darkness étant pour sa part centré Death/Black et touchant à tous les micro-genres liés à ceux-ci.

L’objectif principal est ici de produire des groupes en pleine ascension sur la scène underground et de leur donner de la visibilité, on peut citer comme exemple des groupes désormais installés comme Imperial Triumphant, Wraith ou Maul.

Des productions françaises ont été publiées chez RDR comme le projet Black/Death « Enlightened by Darkness » (2018) du groupe In Shadows And Dust et plus récemment « Blood Red Tentacle » (2022) des excellents « archaic deatheux » de Disfuneral (croisés le mois dernier au très gros Muscadeath).

Fondée par Jordan « Lord Kaiju » Farrow en 2014, la formation des quatre trentenaires d’Oxygen Destroyer originaires de Seattle/Portland propose un sombre mélange détonnant, avec une grosse base Death, une énergie et des passages rythmiques typiquement Thrash, le tout créant une base monstrueuse sur laquelle se déverse un chant purement Black metal.

Ce n’est pas pour rien que le groupe tire son nom d’une arme de destruction massive : le produit chimique utilisé pour détruire Godzilla dans le film original de 1954. C’est dans cette nébuleuse cinématographique portant sur de gigantesques créatures terrifiantes, les films Kaijus, que le groupe puise son inspiration depuis maintenant dix ans.

Leurs albums sont des hommages chaleureux rendus à ces œuvres majoritairement japonaises du siècle dernier pour les plus cultes. Ne vous fiez pas à l’intitulé sobre de ce troisième opus qui fait suite à « Bestial Manifestations of Malevolence and Death » (2018) et « Sinister Monstrosities Spawned By the Unfathomable Ignorance of Humankind » (2021), le groupe nous gratifie toujours de titres de morceaux longs comme le bras et redoublant de créativité. La cover du projet est une création de Lucas Korte aka. Shoggoth Kinetics qui propose ici un visuel collant on ne peut mieux aux thématiques esthétiques du groupe toujours très réussies.

« Guardian Of The Universe » relate les évènements de la trilogie Gamera de Shūsuke Kaneko dont les films sont sortis dans les années 90. Qu’on se le dise, même si les lyrics portent sur l’intrigue et content de façon épique les différents combats de monstres, il n’est pas obligatoire d’avoir vu les films pour apprécier le déferlement de riffs assassins, le pilonnage incessant des fûts suivi de près par le vrombissement des lignes de basse comme on les aime, bien lourdes.

Au contraire, l’intention du groupe est plutôt de vous donner envie d’aller regarder ces films auxquels ils vouent un culte sans concession. La preuve, c’est tellement bien présenté et raconté qu’on s’y croirait, c’est même beaucoup plus « dark » à écouter qu’à voir, en opposition au caractère parfois risible que peuvent avoir ces métrages qui ont souvent mal vieilli et souffrent d’effets spéciaux à la hauteur de leurs budgets. Pour les VRAIS qui les ont vus ou se motiveront à les regarder, sachez que les cinq premiers morceaux (Side A) présentés comme « plus thrashy » portent sur les batailles des deux premiers films et que les quatre derniers (Side B) portent sur le troisième métrage, ils sont plus variés mais aussi plus sombres.

Ce disque, c’est une bonne grosse demi-heure de violence, de rage et d’énergie. Les structures sont variées, on passe de morceaux complexes de 5 minutes à des sortes d’interludes ultra-violentes de moins de deux minutes.

Le morceau le plus long est l’introduction, et quelle entrée en matière : une minute d’ambiance et c’est parti, ça tartine ; un pont bien lourd mais thrashy et c’est reparti ; une sorte de « double pont » complètement Thrash qui débouche sur un « quadruple pont » complètement Death pour envoyer un solo des enfers et terminer sur une outro super énervée. Ce que je viens de vous raconter n’a rien de scientifique et sûrement aucun sens pour un zikos mais c’est comme ça que je me prends, comprends et raconte les morceaux de ce groupe.

Le jeu redouble de rapidité, ça s’enchaîne bien, le mix est très naturel contrairement à beaucoup de ce qu’on entend dans le Death de nos jours (le côté rouleau compresseur d’un Aborted ou d’un Carnifex par exemple). On sent la volonté de coller à un son old-school sans pour autant laisser l’inventivité de côté. Notons que le son a pas mal évolué par rapport au précédent album qui était plus aigu (lignes de basse plus timides) et avait un côté un tantinet plus crado (ce qui n’était pas pour me déplaire). Certains évoquent un côté répétitif, je peux le comprendre mais je trouve cependant que le côté court du projet compense cet aspect.

Je recommande vivement ce méfait à vos oreilles et vous invite à parler de ce groupe, l’écouter et, comme moi-même, leur demander de venir jouer en France en leur envoyant une photo de leur CD ou LP à chaque fois que vous les recevez. Merci pour la lecture.

HAIL THE KAIJU!!!

° LINE-UP :

  • Jordan « Lord Kaiju » Farrow (Guitare, Chant)
  • Joseph Walker (Guitare)
  • Paul Wright (Basse)
  • Chris Craven (Batterie)

° TRACKLIST :

  • 1 – Guardian of the Universe (The Final Hope) (5:32)
  • 2 – Drawing Power from the Empathetic Priestess (1:42)
  • 3 – Shadow of Evil (3:24)
  • 4 – Thy Name is Legion (4:03)
  • 5 – Eradicating the Symbiotic Hive Mind Entity from Beyond the Void (3:33)
  • 6 – Nightmarish Visions of the Devil’s Envoy (1:52)
  • 7 – Awaking the Malevolent Destroyer of the Heavens and Earth (5:00)
  • 8 – Banishing the Iris of Sempiternal Tenebrosity (4:26)
  • 9 – Exterminating the Ravenous Horde of Perpetual Darkness and Annihilation (3:49)

° DISCOGRAPHIE :

  • Oxygen Destroyer (Demo – 2015)
  • Brutal Thrashing Kaiju Metal (Demo – 2016)
  • Saurian Warfare (Split feat. Carnotaurus – 2016)
  • Bestial Manifestations of Malevolence and Death (2018)
  • Category III Kaiju (Split feat. VHS – 2019)
  • Oxygen Destroyer vs. Power Beast : Pacific Devastation (Split feat. Power Beast -2019)
  • Sinister Monstrosities Spawned by the Unfathomable Ignorance of Humankind (2021)
  • Kaiju Daisenso vs Oxygen Destroyer (Split feat. Kaiju Daisenso – 2021)
  • Guardian of the Universe (2024)

° LIENS :


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