ADRIEN CABIRAN pour les 10 ans des Comptines du Forgeron (Radio PFM 99.9)

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La radio a toujours été un outil référence pour la culture et la musique. Bien que les temps ont quelque peu changé depuis l’époque de la RTF et de l’ORTF, il reste aujourd’hui des irréductibles médias qui résistent pour nous proposer des programmes de qualité, mais surtout indépendants (les médias et les artistes d’ailleurs)

Radio PFM, située à Arras « de façon provisoire depuis 1981 » s’est faite une règle d’or de ce précepte, et ne cesse de sévir sur les ondes atrébates en fréquence 99.9 FM.

Une des émissions de cette antenne fête ses dix ans cet automne. Il s’agit des « Comptines du Forgeron« , présenté par notre invité de la semaine :Adrien CABIRAN.

Le principe de cette émission est de de scruter les nouveautés musicales « d’un autre monde » / « de notre monde » (la frontière est si fine parfois), essentiellement Métal, et de recevoir des artistes afin qu’ils puissent prolonger l’expérience de leurs œuvres, je fais partie de ces chanceux, où j’ai pu avoir l’occasion de présenter les dates du PAMFM 8 notamment.

Adrien, tu animes les comptines du forgeron depuis bientôt dix ans. Qu’est ce que tu as ressenti pour la première fois quand tu as réalisé ça?

C’est difficile de cibler précisément à quel moment j’ai réalisé ça. Ce que je peux dire, c’est que sans vouloir sonner pompeux, je suis très content, parce que je pense que l’émission ressemble à ce que je voulais qu’elle soit il y a dix ans.

On passe vraiment toutes les sous-branches du Metal, voire quelques « à côtés » comme le Punk Rock, le Dungeon Synth ou la Coldwave ; avec des projets du monde entiers, pensés par des hommes et des femmes dont on respecte profondément le travail.

On reçoit très souvent des acteurs de la scène locale ce qui nous donne aussi cet ancrage dans notre environnement.

L’émission a vu défiler neuf animateur.ices au total avec des sensibilités différentes qui se sont tous ouverts au contact des uns et des autres. L’émission s’adresse autant aux convaincus qu’à ceux qui ne connaissent pas le Metal. Je dirais aussi que l’émission incite ses auditeurs à être curieux, et enthousiastes vis-à-vis du Metal dans son ensemble.

Cette dimension a toujours été importante pour moi. Assez tôt dans mon parcours d’auditeur conscient j’ai croisé beaucoup de monde, sur internet mais pas que, dont le discours avait pour leitmotiv de décrire « la bonne musique » au détriment de « la mauvaise », et je ne voulais vraiment pas de ça pour les Comptines du Forgeron.

Une belle victoire c’est d’entendre quelqu’un dire « Il y a un an, je n’aurais jamais pensé aimer (tel sous-genre) et maintenant j’attends ce genre de musique ! »  Tout ça me rend fier car cela correspond vraiment au système de valeurs que je voulais insuffler à mon émission.

Quels sont tes moments les plus mémorables ou du moins ceux qui te laissent le meilleur souvenir?

En dix ans, on a connu beaucoup de moments mémorables. Nos premières accréditations en festival, pour sûr c’était marquant, surtout pour des animateurs bénévoles. J’avais 19 ans quand j’ai eu ma première accréditation au Hellfest, avec Blind Guardian et Moonsorrow en interview. Je n’en revenais pas.

Depuis deux ans maintenant on participe au plateau Ferarock du Motocultor avec d’autres radios associatives et à chaque fois c’étaient de superbes moments de radio.

Outre les festivals, la rencontre et l’interview de Lindsay Schoolcraft dans le tourbus de Cradle of Filth m’a aussi beaucoup marqué.

À l’échelle de notre studio, l’émission où nous avions invité Le Tunnel de l’Enfer (un side project des membres de Gummo et Supermodel Stitches) devait être l’une des émissions les plus funs qu’on ait jamais faite.

Et bien-sûr, les émissions qui ont vu apparaître pour la première fois les différents membres de l’équipe ont marqué l’histoire de la radio. De l’équipe originelle il n’y a que moi qui reste même si Damien et Koby passent une tête de temps en temps, et les recrues récentes sont d’abord arrivées pour partager leurs coups de cœurs en tant qu’invités sur des émissions à playlist. Ils y ont pris goût, et sont restés.

Sachant que ton émission a l’audace d’être en direct, quelle a été la ou les plus grosses galères subies à l’antenne ou hors antenne?

Tout d’abord, je tiens à saluer le travail des salariés de Radio PFM, Nico, Boris, et Laura, qui forment les bénévoles de la radio.

Avant l’émission, je faisais des chroniques dans un atelier pour les jeunes de la radio, qui est passé très vite d’un programme pré-enregistré à un direct.

Ainsi quand les Comptines du Forgeron ont commencé il était évident que l’émission serait en direct. Par chance, il ne me semble pas qu’on ait déjà eu de gros problème en direct.

Le plus souvent ce sont des problèmes liées aux platines CDs, l’expérience a prouvé que ce matériel se dégrade assez vite. On lance un titre, et le son sort mal, ou avec des sauts. C’est fâcheux en direct, mais rien de dramatique. On s’excuse, on corrige le problème pour la rediffusion, « the show must go on. » L’essentiel de nos problèmes sont des petits détails de ce genre.

Le reste des problèmes sont plus liés au timing et à la personnalité des gens : un invité ou animateur en retard, une question qui tombe un peu à plat pour un invité… C’est une bonne école de souplesse, rien de très difficile mais on apprend à rebondir rapidement et d’une manière qui respecte les gens présents et les auditeurs.

Quel avenir tu vois à ton émission? Reparti pour dix années supplémentaires?

Bien que l’avenir semble incertain pour les radios associatives aux vues du projet de budget 2025 du gouvernement actuellement en place (qui prévoit de diminuer brutalement le niveau des subventions) j’espère bien qu’on a encore de belles années devant nous.

On fonctionne actuellement très bien à quatre, Didier, Julien, Vivien et moi ; la passion ne se tarit pas, l’alchimie entre nous encore moins (ndlr : et le superbe accueil dont je peux témoigner), et on continuera à défendre nos Comptines du Forgeron.

Après tout, même le COVID ne nous a pas stoppé. On sortait des émissions et même des interviews chaque semaine, même confinés.

La porte est grande ouverte pour les passionnés qui voudraient nous rejoindre. L’émission se porte comme un charme, les invités sont nombreux, les playlists sont riches, on aurait tort de s’arrêter en si bon chemin. 

Ce dimanche 10 novembre, on fête l’anniversaire de la radio sur les ondes du 99.9, avec une grande soirée Metal qui démarre à 16h et jusque tard dans la nuit. Les gens sont les bienvenus s’ils souhaitent participer.

Prochaines programmations :

  • 03 novembre : Midsund,
  • 24 novembre : TomRiff Custom,
  • 1er décembre : Drive With a Dead Girl
  • 26 janvier 2025 : Ecr. Linf
  • 09 février 2025 : Ogarya

Et le dernier mot de notre invité : « Enfin, on ne peut rien dire encore mais il est possible qu’on reçoive début 2025 un groupe qui a une importance toute particulière à nos yeux. Ce n’est pas encore gagné, on n’en dira pas plus, mais ce sera un cliffhanger pour vous comme pour nous. »


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